D'agent à directeur sportif
Lorenzo Falbo a changé de vie et Yverdon Sport espère bien en profiter

C'est officiel, Lorenzo Falbo a pris ses fonctions en tant que directeur sportif d'Yverdon Sport. Désormais ex-agent de joueurs, il assure tourner la page sans regrets et veut faire retrouver la Super League au plus vite au club nord-vaudois. Interview.
Photo: Yverdon Sport
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Conseiller du président au Stade Nyonnais, puis à Yverdon Sport, Lorenzo Falbo jonglait entre son métier d'agent de joueurs et ses fonctions au sein des deux clubs vaudois, ce qui n'a pas manqué d'interpeller plusieurs acteurs et observateurs du football. Mais depuis ce 1er septembre, tout est clair: le Lausannois, qui a grandi à Cugy, est désormais officiellement ex-agent. Et directeur sportif d'Yverdon Sport à 100%. Il reçoit Blick au premier étage du Stade municipal, le lieu où il passe désormais l'essentiel de ses journées et soirées. Et où il peut se concentrer sur un objectif majeur: faire remonter Yverdon Sport en Super League. Mais ce n'est de loin pas le seul, vu que son poste regroupe aussi la section féminine, très importante à Yverdon, et l'académie. Interview avec un homme dont le téléphone a vibré sans interruption durant les trente minutes de discussion.

Lorenzo Falbo, pourquoi avoir fait ce choix et devenir directeur sportif d’Yverdon Sport?
Lors des deux dernières saisons, j’avais déjà l'esprit club, à Nyon d'abord, à Yverdon ensuite. Ça ne sortait pas de nulle part. Il y a six ans, j’ai suivi une formation de directeur sportif à la Fédération espagnole de football. C’était quelque chose que j’avais en tête pour le futur, même si c’est peut-être arrivé un peu plus rapidement que ce que j’imaginais. Lors de mes vingt-quatre ans comme agent, j’ai vécu des choses incroyables, en Suisse comme à l’étranger: des victoires en Coupe de Suisse, des Coupes du monde, des finales de Copa América... Je pense que j’avais fait le tour. Et peut-être que, dans la nouvelle génération de joueurs – heureusement, pas tous, parce que les derniers avec qui j'ai travaillé étaient formidables et leurs familles aussi –, il y a parfois une impatience qui est selon moi difficilement compatible avec le football d’élite. Et dans laquelle je ne me reconnaissais plus.

Vous n’êtes donc plus agent du tout? Ou vous gardez un pied dedans de manière officieuse?
Je ne le suis plus du tout. J'ai placé tous mes joueurs, je n'ai plus aucun lien avec eux, autre que celui affectif. J'avais un jeune collaborateur, qui a rejoint une autre agence. Il y est entré avec certains joueurs très proches de lui, d’autres ont préféré signer avec d’autres agents. J’ai parlé individuellement avec chaque joueur de ma décision. J’ai reçu de très belles réactions, notamment de Steve Rouiller ou Numa Lavanchy, avec lesquels une véritable amitié s’était créée. Je pense qu’ils sont très contents de ce qui m’arrive aujourd’hui et de ce choix. 

Même Johan Mojica, avec qui vous avez vécu tant de choses?
Johan a été mon tout dernier transfert, il vient de rejoindre Getafe. Lui va finalement travailler en famille, et ses frères avaient aussi le souhait de faire ce métier. Évidemment, nous avons une relation privilégiée, parce qu’elle est devenue personnelle. C’est un garçon que j’ai découvert en Colombie, que j’ai accompagné jusqu’à deux Coupes du monde et une finale de Copa América. Je suis le parrain de son fils. Pour la vie, agent ou pas.

Ces deux dernières années n’ont-elles pas été difficiles? Vous étiez à la fois agent, conseiller... Vous avez été critiqué pour cette double casquette, parfois assez durement.
Je pense être quelqu’un de droit et je sais où sont les limites. Dans les deux clubs, j’ai été très cohérent et fait qu’il était juste de faire. Ce qui a peut-être été plus difficile, ce sont les critiques extérieures et certaines personnes qui ont essayé de me faire passer pour ce que je ne suis pas, pour quelqu’un de malhonnête. Mais dans mon travail, non. C’était intéressant, mais très intensif. Et c’est aussi pour cela qu’aujourd’hui, me concentrer uniquement sur Yverdon Sport est la meilleure solution. Pour être très clair, je l’avais dit au président: je n’aurais pas continué une année supplémentaire comme conseiller et agent en parallèle. C’était beaucoup trop.

Avec son joueur emblématique Johan Mojica, international colombien.
Photo: DR

Vous voilà désormais directeur sportif d’un ambitieux club de Challenge League. Quel est l’objectif? Quand j’ai posé officiellement la question à Martin Andermatt, il m’a répondu en gros que son objectif était de faire progresser son équipe. Je m'attendais à une autre réponse, honnêtement.
Il a très bien répondu. Et je peux aller un peu plus loin: cette saison, nous sommes parfaitement alignés entre la direction, le staff et l’équipe sur notre ambition. Notre objectif est clairement de retrouver la Super League. La saison dernière, l’ambition du club était déjà de remonter, mais elle n’avait peut-être pas été exprimée de manière suffisamment uniforme entre les différentes composantes du club. Cela avait parfois pu donner lieu à des messages différents publiquement.

Je suis bien placé pour le savoir en tant que journaliste, les informations étaient contradictoires entre le président et Adrian Ursea.
Cette année, le langage est clair: nous visons la promotion. Avec l’effectif que nous avons, les joueurs que nous sommes allés chercher et la qualité que nous proposons en ce début de saison, nous ne pouvons pas nous cacher. Nous sommes l’un des prétendants à la remontée. Et nous voulons remonter.

De l’extérieur, on voit les moyens investis et les joueurs arrivés. Jamie Welch, le propriétaire, reste donc très impliqué?
Très impliqué. Peut-être que les gens de l’extérieur ne le voient pas toujours, mais c’est quelqu’un qui aime vraiment le club et qui aime le football. C’est un passionné. Nous avons des discussions de football très poussées et nous parlons quasiment tous les jours. Il veut absolument faire remonter ce club. Mais il veut plus. Il veut créer quelque chose. C’est pour cela que je suis là. Je n’aurais pas arrêté ma carrière d’agent pour m’investir dans un club sans un vrai projet. Il y a une vraie vision à long terme avec les garçons, les filles et l’Académie.

Vous croyez donc réellement au projet yverdonnois, qui n’est pas toujours compris de l’extérieur? Et qui a parfois changé de direction depuis l'arrivée de Jamie Welch en 2023, d'ailleurs.
Oui, j'y crois. Aujourd’hui, il y a des personnes très compétentes dans le club, à tous les étages, qui veulent le bien d'Yverdon Sport. Et je pense que nous mettons les actes derrière les paroles. Je rappellerai simplement que lors de notre premier match de Coupe, nous avons terminé la rencontre avec huit joueurs nés entre 2003 et 2008 sur le terrain, dont deux jeunes de l’Académie qui avaient débuté. Ce sont des faits. Loan Guignard a joué contre Aarau il y a deux semaines dans un match important. Nous voulons aller de l’avant avec nos jeunes. Il y a de la qualité à Yverdon et l’Académie doit compter pour l’avenir du club. Et en même temps, nous voulons remonter en Super League.

L'Académie souffrira toujours d'appartenir à Team Vaud, non? Si on fait le bilan depuis plusieurs années, YS a plus apporté au LS que le contraire...
Je vous réponds qu’aujourd’hui, nous avons une excellente relation avec Lausanne. Nous avons renoué le dialogue. La preuve, c’est que nous avons aujourd’hui Lorenzo Bittarelli, Mayka Okuka et plusieurs joueurs venus de Lausanne. Cela fonctionne dans les deux sens. Des jeunes partent à Lausanne, oui. Mais d'autres reviennent ici. Ce partenariat doit fonctionner et nous verrons comment il évoluera. Il doit exister un respect mutuel entre le LS et YS et je peux y contribuer.

Vous avez recruté des valeurs sûres de Challenge League comme Valon Fazliu ou Shkelqim Demhasaj. Mais Jean-Kévin Augustin est un pari plus surprenant, vu de l'extérieur. Je ne vais pas me cacher derrière d'autres et je vous avoue mon scepticisme dans ce dossier.
Je peux le comprendre. De l’extérieur, on peut avoir une image de Jean-Kévin Augustin. Elle vous appartient. Moi, je vois un garçon d’une incroyable humilité, qui s’est intégré dans ce groupe d’une manière remarquable. Vous pouvez demander à n’importe quel joueur de l’effectif: ils ont été scotchés par son comportement. On parle quand même d’un joueur qui a eu une carrière importante, même si les deux dernières années ont peut-être été plus compliquées. Il est déjà très heureux ici. Après le match contre Aarau, malgré son expulsion, il était sur le terrain avec ses filles, près des supporters, avec le sourire. Et il faut comprendre une chose: ce n’est pas une question économique. Je n’ai pas convaincu Jean-Kévin Augustin avec de l’argent. Je l’ai convaincu en lui proposant de retrouver le plaisir du football. Et c’est ce qui est en train de se passer.

Votre arrivée, avec votre réseau d’ancien agent, signifie-t-elle qu’Yverdon va repartir dans une logique de trading, comme en Super League?
Je n’aime pas tellement parler de «trading». Mais aujourd’hui, un club de football doit vivre et perdurer grâce aux transferts. Pas uniquement dans une logique commerciale. Si vous vendez un joueur, cela signifie aussi que vous l’avez fait progresser. Que vous avez trouvé un joueur auquel peut-être d’autres croyaient moins et que vous l’avez fait performer. Prenez Jonatan Mayorga, le jeune Colombien. Vous l'avez trouvé comment contre Aarau?

Très intéressant. Il semble avoir du tempérament et percute beaucoup. Mais moins bon contre Wil.
Il réalise un bon début de saison et possède encore une grosse marge de progression. Mayka Okuka, que nous sommes allés chercher à Lausanne, est un excellent joueur. Loan Guignard est un enfant du club qui monte en puissance. Lorenzo Bittarelli aussi. L’ADN du club doit être de trouver des jeunes et de les développer. Mon expérience d’agent et surtout mon réseau, en Suisse comme à l’international, vont évidemment aider. J’ai accès à des pays comme la Colombie, où je suis très bien implanté. Mais ce n’est pas dans un esprit de trading. C’est dans l’idée que le club doit vivre et durer. Et, à un moment donné, les rentrées économiques liées aux transferts sont très importantes.

Comme dans le cas de Fabio Saiz?
Exactement. On va chercher Fabio à Neuchâtel Xamax, il réalise une excellente deuxième partie de saison et une opportunité arrive avec Thoune.

Vous vous êtes affaibli sportivement en le laissant partir à quelques jours du championnat...
Fabio avait été un joueur de Challenge League pendant des années et il avait cette possibilité de franchir un cap. Si on l’empêche d’aller à Thoune, on lui brise un rêve. Oui, nous avons réussi un très bon deal et nous avons bien négocié. Mais surtout, nous n’avons pas brisé le rêve d’un gamin. Économiquement, c’était intéressant pour le club. Pour le joueur, c’était impossible à refuser.

Photo: Instagram – @yverdonsport

Je me rappelle de mes toutes premières interviews avec Jamie Welch, qui insistait beaucoup sur la notion de communauté et les affluences au stade. Là, c'est quand même le gros point noir du projet pour l'instant... Comment générer plus de rentrées, sachant que les droits TV sont faibles? Et qu'il y a à peine 1000 personnes au stade...
Ce n’est pas seulement un problème yverdonnois. Même des clubs comme Bâle ou Young Boys, qui ont davantage de public, doivent faire face à cette réalité économique. Évidemment que nous devons faire revenir les gens au stade. Et cela passera inévitablement par le beau jeu, les victoires et le fait d’être devant, autant chez les garçons que chez les filles. Mais il faut être réaliste: le bassin d’Yverdon reste le bassin d’Yverdon. Nous n’aurons jamais 5000 personnes au stade à chaque match. En revanche, nous pouvons augmenter progressivement les affluences et recréer le lien avec les clubs locaux et les partenaires. Ce sera l’un de mes travaux dans les prochaines semaines. Avec Mustafa Sejmenovic, notre coordinateur de l’Académie, nous allons rencontrer un par un les clubs de la région. Il y a tout un travail à faire, mais il sera fait.

Vous le vivez aussi comme une mission personnelle?
Oui. Je ne suis pas d’Yverdon, mais je suis Vaudois. Quand on commence comme agent, on a toujours peut-être, dans un petit coin de sa tête, l’idée qu’un jour on pourrait travailler dans un club. Et pour moi, en tant que Vaudois, arriver dans un club historique du canton par mon travail – parce que je ne suis pas là par piston ou quoi que ce soit –, c’est un honneur. Je vais faire le maximum pour Yverdon. Et cela signifie aussi faire revenir progressivement les gens au stade. Mais cela passe par le lien et par l’humain. C’est peut-être parfois ce qui a rendu certaines choses compliquées dans ma carrière: je fais passer l’humain avant toute chose. C’est ce que je vais m’attacher à faire ici.

Le discours officiel du club est que les filles sont aussi importantes que les garçons. Dans les faits, l'écart est encore réel, que ce soit pour les salaires ou les conditions. Je ne dis pas que c'est illogique aujourd'hui vu les réalités économiques, mais comment réduire l'écart?
Je pense que nous l’avons montré par les faits. Cet été, nous avons fait revenir Sandrine Mauron, fait venir Laura Tufo et Mickaëla Bottega de Servette et nous avons conservé la plupart de nos joueuses. Nous avons traité le mercato féminin aussi sérieusement que celui des garçons. Je vais voir les garçons comme les filles et j'y mets les mêmes efforts. Il y a parfois des problèmes de calendrier, parce que les équipes jouent en même temps, mais je suis très impliqué auprès des garçons filles et de l’Académie, nos trois piliers. C'est le même club, le même blason.

Avouez-le, vous allez regretter les Coupes du monde et les grandes aventures vécues comme agent...
J’irai peut-être encore à la Coupe du monde, mais comme spectateur. Je suis un gamin qui a grandi à Cugy, dans le canton de Vaud. Quand je jouais avec mon frère sur le terrain vague à côté de chez moi, si quelqu’un m’avait dit que j’allais vivre tout cela, je n'y aurais pas cru. J’ai vécu des choses incroyables et j’en suis très heureux. Mais je pense que je vais encore en vivre d’autres ici.

Quand vous alliez au match, vous vibriez pour vos joueurs. Là, c'est une émotion différente?
Très différente. À chaque match, vous vous remettez en jeu. Comme le coach et comme les joueurs. Vivre cela de l’intérieur, être quotidiennement proche d’une équipe, discuter avec les joueurs et ne plus simplement avoir une relation avec ceux dont je m'occupe, c’est exceptionnel. Aujourd’hui, j’essaie de mettre en pratique mon expérience d’agent, mon expérience du football, mon amour et ma passion pour ce sport, ainsi que tous les outils que ma formation en Espagne m’a apportés. Pablo Longoria suivait notamment les cours avec moi, comme Philippe Senderos et David Trezeguet. Nous avons eu des cours de grands directeurs sportifs espagnols et d'autres intervenants de qualité. C’était extrêmement enrichissant. Aujourd’hui, le but est de mettre ma propre expérience en pratique avec tous ces outils.

Rassurez-nous, vous n’allez pas faire autant de transferts à chaque mercato que Pablo Longoria...
Non, ça, c’est sûr (rires)! D’ailleurs, si l’on regarde cet été, nous avons conservé une base très forte de la saison dernière, avec 16 ou 17 joueurs, et nous avons effectué un recrutement ciblé. Et ce travail n’a pas commencé cet été. Valon Fazliu ou Shkelqim Demhasaj, par exemple, étaient des dossiers sur lesquels je travaillais déjà en janvier. Et je peux vous assurer que convaincre les deux de venir chez nous n’a pas été simple.

Les salaires proposés ont aidé, non?
Contrairement à ce que pensent certains, ce n’est pas qu’une question économique. Il y a de l’humain, des discussions et aussi le rôle du coach. Ils ont discuté avec Martin, ils ont créé une relation avec lui. À un moment donné, ils ont choisi ce projet. Ils auraient pu gagner autant ailleurs. Et il y avait même des offres de Super League.

lls sont bénévoles à Yverdon?
Non, ils ont un salaire (sourire). Mais il y avait le projet que nous leur avons présenté, l’importance que nous voulions leur donner dans l’équipe. Ils ont le numéro 10 et le numéro 9. Cela peut paraître être un détail, mais pour un Fazliu, avoir son numéro 10, et pour un Demhasaj, avoir son 9, cela signifie quelque chose. Cela signifie qu’on compte sur eux.

Le staff est également important dans votre projet, avec Martin Andermatt, Johan Vonlanthen, Andris Vanins...
Martin et moi avons décidé ensemble de construire un nouveau staff cet été. Nous avons mené un véritable processus de sélection, avec sept ou huit assistants potentiels et trois ou quatre entraîneurs des gardiens. Johan Vonlanthen est quelqu’un que je connais, bien sûr, mais ce n’est pas pour cela qu’il est venu. Ce sont vraiment les discussions avec Martin qui ont fait qu’à un moment donné, Martin m’a dit: «C’est la bonne personne, c’est le bon assistant.» Pour Andris, c’était la même chose. Nous nous connaissions, mais il a surtout démontré qu’il était un grand professionnel. Aujourd’hui, il y a une vraie osmose dans ce staff. Martin est un excellent coach. Johan est un jeune entraîneur qui arrive avec ses idées et qui peut les confronter à celles de Martin. C’est très intéressant. Andris fait également un excellent travail. Nos deux portiers Max Rouiller et Simon Enzler ont déjà énormément progressé.

Et Mustafa Sejmenovic.
Une figure emblématique du club, qui assure ce lien avec l’Académie que je souhaitais absolument. Il est apprécié des joueurs, du staff, du club et des gens qui travaillent avec les jeunes. Il est à sa place ici.

C’est finalement cela, votre nouvelle vie: ne plus représenter quelques joueurs, mais construire quelque chose autour de tout un club. En fait, il y a une vraie responsabilité, qui va bien au-delà de votre propre personne.
Exactement. Et c’est ce qui rend cette nouvelle aventure aussi passionnante.

Challenge League 2026/27
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Stade-Lausanne-Ouchy
FC Stade-Lausanne-Ouchy
5
5
11
2
SC Kriens
SC Kriens
5
4
9
3
Yverdon Sport FC
Yverdon Sport FC
5
3
9
4
Neuchatel Xamax FCS
Neuchatel Xamax FCS
5
1
9
5
FC Winterthour
FC Winterthour
5
5
8
6
Etoile Carouge FC
Etoile Carouge FC
5
3
8
7
FC Aarau
FC Aarau
6
-2
8
8
FC Wil
FC Wil
6
-7
5
9
FC Rapperswil-Jona
FC Rapperswil-Jona
5
-5
3
10
FC Stade Nyonnais
FC Stade Nyonnais
5
-7
1
Accession
Barrage d'accession
Relégation
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