Après plus d'un an d'invincibilité, l'équipe de Suisse a chuté vendredi à Bâle face à l'Allemagne (4-3). Ce dernier estime qu'une revue d'effectif a plus de valeur que le résultat d'un match amical.
Il l'avait annoncé, il l'a fait. Le sélectionneur est allé au bout de son idée en remplaçant l'intégralité de ses joueurs de champ au Parc Saint-Jacques. Le onze type qui avait émergé lors des qualifications pour la Coupe du monde cet automne, et qui tenait tête à la Mannschaft (2-2 à la mi-temps), a progressivement laissé place à des joueurs plus ou moins expérimentés.
«Nous sommes dans une phase de la saison où de nombreux matches importants ont lieu. Les joueurs ont beaucoup de minutes dans les jambes, c'est aussi pour cette raison que nous avons fait tous ces changements», s'est justifié Murat Yakin en conférence de presse.
«De bons enseignements»
Ne pas surcharger ces cadres, donc, mais aussi tester un maximum de combinaisons à l'approche du Mondial. «Nous avons tiré de bons enseignements en vue du match le plus important, celui contre le Qatar (réd: le 13 juin à Santa Clara). C'est ce qui importe plus que tout: que nous ayons de nombreuses options pour la Coupe du monde.»
On peut toutefois questionner la valeur de ces tests. Il est par exemple difficile de juger les trente minutes du Vaudois Alvyn Sanches, qui a fait son retour en équipe de Suisse un an après sa grave blessure au genou droit, dans une équipe à ce point remaniée qui subissait la pression d'une Allemagne mieux organisée.
Les joueurs ont d'ailleurs semblé un peu plus perplexe que Murat Yakin quant à la pertinence de cette large revue d'effectif. «Ce n'est pas facile» quand dix joueurs se retrouvent soudainement sur le terrain, a lâché Granit Xhaka, «surtout quand ceux-ci n'ont pas souvent joué ensemble.»
Des promesses du passé
Certaines expériences demandent à être testées dans un autre contexte – le Genevois Denis Zakaria au poste d'arrière droit –, peut-être dès mardi à Oslo, où la Suisse défiera la Norvège (18h00). D'autres ont permis d'exhumer des promesses du passé, comme l'entrée réussie de Joël Monteiro.
L'attaquant valaisan des Young Boys était sorti des radars depuis fin 2024 et sa mi-temps séduisante contre l'Espagne en Ligue des nations. Il a cette fois suppléé Breel Embolo au poste d'avant-centre, avant de marquer le 3-3 d'une belle frappe du pied droit.
Monteiro semble être une solution de secours viable en cas de pépin physique du buteur bâlois, en attendant le retour de Zeki Amdouni. Le Genevois, qui a récemment repris l'entraînement après sa grave blessure au genou subie l'été dernier, a d'ailleurs été aperçu au sein du groupe suisse bien qu'il n'a pas été sélectionné pour ce rassemblement.
L'avenir de l'équipe suisse
Autres satisfactions, les retours au jeu d'Ardon Jashari et d'Alvyn Sanches sous le maillot rouge à croix blanche, deux joueurs qui incarnent l'avenir de l'équipe de Suisse. Et l'entrée comme toujours dynamique de Johan Manzambi, la révélation de l'année 2025.
Murat Yakin aurait également voulu voir à l'oeuvre Noah Okafor, avec lequel il a récemment enterré la hache de guerre. Mais l'ailier de Leeds a ressenti une gêne musculaire à l'échauffement et n'a pas pu entrer en jeu. «J'aurais bien aimé lui donner vingt minutes, ce serait peut-être pour mardi», a dit le sélectionneur.
Les rocades de «Muri» devraient logiquement se poursuivre en Norvège, et permettre de désigner les gagnants et les perdants de cette trêve internationale. Une dernière occasion pour certains de convaincre le sélectionneur qu'ils méritent de faire le voyage en Amérique du Nord.