Ce n’est pas moi qui vais gronder épistolairement Massimo Lorenzi. Je fais partie de ceux qui pensent que, oui, les journalistes ont le droit – et parfois même le devoir – de s’exprimer sur les enjeux de leur profession et les contre vérités à son encontre. Et que cela soit sur les réseaux ou sur le plateau, l’encore chef des Sports de la RTS ne fait finalement que d'égrener quelques vérités.
Dont la dernière: oui, le service public devra couper dans son offre sportive en cas d’acceptation de l’initiative visant à réduire à 200 francs la redevance. Dire le contraire sous couvert de post-vérité, comme le font certains opposants, n’est qu’un argument de campagne fallacieux.
Un franc-parler qui tranche
Massimo Lorenzi n’est pas n’importe qui. Lorsqu’il présentait le «Téléjournal», je connais quelques Françaises d’outre Jura qui allumaient le poste rien que pour ses yeux, rêvant de lui comme du gendre idéal. Charismatique, il a démontré bien avant Darius Rochebin qu’un présentateur suisse pouvait être autre chose qu’un homme tronc.
Sur les réseaux, il a un franc-parler qui tranche. Et des valeurs qui vont avec. Quitte à ce que certains UDC – qui confondent neutralité et objectivité – s’étranglent. D’ailleurs, Massimo Lorenzi ne fait que refaire ce qu’il avait déjà fait lors de l’initiative No Billag. Le débat similaire d'alors avait débouché sur un large rejet du texte, particulièrement par le peuple romand.
En Italie, pays d’origine du Vénitien, on dit que «L'orgoglio non va in barca» (L'orgueil ne monte pas dans le bateau). Suggérant que l'ego peut être une charge inutile qui fait couler les projets. On sait désormais que 2026 ne sera pas 2018 et que cette campagne, dans un contexte national, international et économique tendu, est encore plus clivante que la précédente; et le résultat dans les urnes plus incertain.
Les recettes qui ont fonctionné hier servent-elles la cause du 8 mars prochain? En marin solitaire qui effectue la dernière étape de sa régate professionnelle, Massimo Lorenzi s’est-il vraiment posé la question de savoir si, cette fois-ci, son verbiage lustrait autre chose que son plumage? Massimo si, ma non troppo? Réponse dans un mois.