La chronique d'Yvan Pahud
Les incendies ne tombent pas du ciel, ils naissent de nos erreurs

Dans sa chronique, Yvan Pahud revient sur les incendies qui ravagent l'Europe. Pour le député vaudois et syndic de Sainte-Croix, le réchauffement climatique ne doit pas faire oublier la responsabilité humaine, qui reste la principale cause des incendies.
Yvan Pahud plaide pour des mesures urgentes au niveau national afin d'éviter le pire.
Photo: Blick
Yvan Pahud
Yvan PahudConseiller national & Chroniqueur Blick

Les images qui nous parviennent d'Espagne, du Portugal, de Grèce ou de France sont spectaculaires. Des milliers d'hectares de forêt partent en fumée, des villages sont évacués, des familles perdent tout. Et, presque aussitôt, le même discours revient: le réchauffement climatique serait l'unique responsable.

Cette lecture est aussi confortable qu'incomplète. Oui, des périodes de sécheresse ou de fortes chaleurs favorisent la propagation des flammes. Mais elles n'allument pas les incendies. Un feu ne démarre pas spontanément parce qu'il fait 40 degrés. Dans l'immense majorité des cas, son origine est humaine: imprudence, négligence ou acte criminel. En désignant le climat comme seul responsable, on évite un débat sur les responsabilités humaines et politiques.

Soigner et entretenir nos forêts

Une autre réalité dérange: une forêt abandonnée devient une forêt plus vulnérable. Depuis des années, les forestiers alertent sur les conséquences d'une gestion passive. L'accumulation de bois mort, de broussailles et de végétation sèche transforme la forêt en véritable réserve de combustible.

Pourtant, certains continuent de s'opposer, par dogmatisme, à l'entretien des forêts, à la création de dessertes forestières ou même à la fauche des bords de routes au nom de la biodiversité. Ces choix ont pourtant des conséquences bien réelles lorsqu’un feu se déclare.

Les pistes forestières ne sont pas une atteinte à la nature. Elles permettent aux forestiers de gérer durablement les massifs et aux pompiers d'intervenir rapidement. Sans accès, chaque minute perdue permet aux flammes de gagner du terrain.

Agir avant le drame

A Berne, j'ai déposé plusieurs interventions pour renforcer la gestion active de nos forêts et développer les infrastructures indispensables à leur entretien. Les incendies qui touchent actuellement l'Europe rappellent que ces mesures répondent à une nécessité concrète, et non à une logique idéologique.

La Suisse ne doit pas attendre de connaître les mêmes drames pour agir. Préserver nos forêts, ce n'est pas les abandonner. C'est les entretenir, les exploiter durablement, garantir des accès efficaces pour les secours et sanctionner avec la plus grande fermeté les auteurs d'incendies volontaires.

La protection de nos forêts mérite mieux que des slogans. Elle exige du pragmatisme, du courage politique et l’écoute de celles et ceux qui, depuis des années, tirent la sonnette d'alarme.

Articles les plus lus