On nous vend l’imposition individuelle, sur laquelle nous voterons le 8 mars, comme une réforme moderne et juste. En réalité, c’est tout le contraire. Car derrière les slogans, se cache une réforme compliquée, injuste et surtout très chère, que la classe moyenne et les familles paieront cash.
Oui, les couples mariés sont aujourd’hui fiscalement pénalisés et oui, cette situation doit être corrigée. Pour autant, l’Initiative pour l’Imposition individuelle ne constitue en rien une réponse adéquate. C’est même un autogoal!
Des coûts chiffrés en milliards
Le nouveau système ne favoriserait qu’une minorité de couples: les plus aisés, à deux salaires et sans enfants. A l’inverse, pour les familles à revenu unique, pour celles où l’un des conjoints travaille à temps partiel ou s’occupe des enfants, la facture d’impôt grimperait de plusieurs milliers de francs par an.
Les familles dont le revenu est inférieur à 250’000 CHF feront systématiquement partie des perdants. Il s’agit donc, dans les faits, d’une véritable augmentation d’impôts, qui touchera près de 30% des contribuables suisses! Et comme si cela ne suffisait pas, la réforme créerait un véritable monstre bureaucratique. Deux déclarations d’impôts par couple marié, soit 1,7 million de déclarations supplémentaires à remplir chaque année.
Résultat: des milliers de nouveaux fonctionnaires à engager (env. 1500 selon la Confédération), des systèmes informatiques à refaire dans 26 cantons, et des coûts qui se chiffrent en milliards. Tout cela, sans bénéfice concret pour la majorité des contribuables.
La classe moyenne pénalisée
Les cantons l’ont bien compris: 21 sur 26 rejettent cette initiative pour l’imposition individuelle. Ils savent qu’il existe des solutions plus simples pour supprimer la pénalisation du mariage, sans casser un système qui fonctionne, et dont la classe moyenne payera la facture.
L’initiative du Centre «Pour des Impôts équitables», sur laquelle nous voterons plus tard dans l’année, corrige justement efficacement et sans bureaucratie supplémentaire cette injustice. Dans cette attente, il conviendra de voter NON, le 8 mars, à l’Initiative pour l’Imposition individuelle.