«Dieu est fier de mon boulot»
Groenland, Macron, OTAN: Trump donne une conférence de presse surréaliste

Un an après son retour au pouvoir, Donald Trump a défendu son action lors d’une conférence de presse confuse. Il a multiplié les attaques contre l’immigration illégale tout en admettant que ses succès économiques «n’atteignent pas» les Américains.
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Lors d'une conférence de presse impromptue et décousue à Washington, Donald Trump a déploré que son message économique «n'atteigne pas» les Américains.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Donald Trump a vanté mardi ses réalisations un an après son retour au pouvoir lors d'une conférence de presse décousue où il s'en est pris aux immigrants illégaux, tout en déplorant que son message économique «n'atteigne pas» les Américains. Le président américain, parlant d'une voix souvent étouffée et sans excès d'enthousiasme, s'est tenu pendant environ une heure et quarante-cinq minutes – dont une heure vingt de monologue – devant une salle de briefing comble à la Maison Blanche.

«Je pense que Dieu est très fier de mon boulot», a-t-il lancé en réponse à une question. Pour le reste, son allocution a surtout été une liste de ses récriminations et attaques les plus courantes.

D'une voix inhabituellement basse, le président américain a entamé son discours depuis le podium de la salle de presse de la Maison Blanche, bondée, en montrant des photos d'«assassins déséquilibrés» arrêtés selon lui par la police de l'immigration (ICE) et expulsé des Etats-Unis, notamment dans le Minnesota, théâtre de manifestations contre la politique du gouvernement en matière d'immigration. Minneapolis, la plus grande ville de cet Etat, est sous tension depuis qu'une Américaine a été tuée le 7 janvier par un agent de l'ICE lors d'une opération.

Donald Trump, qui a répété sa diatribe contre les immigrés somaliens, a tour à tour parlé de son programme économique, revendiqué d'avoir nettoyé le gouvernement fédéral, et vilipendé son prédécesseur démocrate Joe Biden. «Nous avons hérité d'un chantier. Les chiffres dont nous avons hérité étaient en forte hausse, et maintenant on les a ramenés, quasiment tous, bien plus bas», a-t-il dit citant notamment l'inflation.

«Nous les avons fait baisser considérablement. Je veux dire, je ne comprends pas… Peut-être que mes chargés de relations publiques ne sont pas très bons, mais nous n'arrivons pas à faire passer le message», a-t-il cependant concédé, alors que la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt restait de marbre. 

Jusqu'où ira-t-il sur le Groenland? «Vous le découvrirez»

Le président américain a laissé planer le doute sur jusqu'où il était prêt à aller pour acquérir le Groenland, sujet qui braque ses alliés européens dans l'OTAN. Interrogé à ce sujet, il a répondu: «vous le découvrirez.» «Je pense qu'il va se passer quelque chose qui sera très positif pour tout le monde», a cependant affirmé le dirigeant républicain, alors que ses menaces de s'emparer du Groenland fragilisent l'Alliance atlantique.

«Personne n'a fait plus pour l'OTAN que moi (...) Je pense que nous trouverons une solution qui satisfera pleinement l'OTAN et qui nous satisfera pleinement», a-t-il ajouté. Donald Trump a réitéré le fait que les Etats-Unis avaient besoin du Groenland pour des raisons de «sécurité nationale et même pour la sécurité mondiale».

Pas de détour par Paris

Il a rejeté l'invitation lancée par le président français Emmanuel Macron à une réunion du G7 à Paris jeudi. Interrogé pour savoir s'il pourrait s'y rendre, le président américain a répondu: «Non, je ne ferais pas ça. Parce que, vous savez, Emmanuel ne va pas rester là très longtemps. C'est un de mes amis. C'est un type sympa. J'aime bien Macron, mais il ne va pas rester là très longtemps, comme vous le savez», a-t-il dit.

Parlant de l'opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, qu'il a écartée pour le moment de sa stratégie dans ce pays, il a salué «une femme incroyablement gentille». «Nous sommes en train de discuter avec elle, et nous pourrons peut-être la faire participer d'une manière ou d'une autre. J'aimerais beaucoup pouvoir faire cela», a-t-il ajouté.

Donald Trump s'exprimait peu avant son départ mardi soir pour Davos, où il doit participer au Forum économique, qui risque d'être dominé par ses menaces d'acquérir le Groenland.

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