Incident à Toulouse
LFI se fait huer, Jean-Luc Mélenchon dénonce un coup monté

Jean-Luc Mélenchon dénonce une «opération montée d'avance» lors d'une commémoration à Toulouse, où François Piquemal, candidat LFI, a été hué avant d'échouer aux municipales de 2020. Le SNJ critique une rétention d'information de France Télévisions.
Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting au centre Mutualité à Paris, le 9 mars 2026.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé mardi une «opération montée d'avance» lors de la commémoration d'un attentat antisémite à Toulouse, au cours de laquelle François Piquemal, candidat LFI à la mairie, avait été hué, peu avant d'être battu aux municipales. Sur la plateforme X, le dirigeant de La France Insoumise a exigé «des explications» à France Télévisions, dont le Syndicat national des Journalistes (SNJ) a dénoncé mardi une «rétention d'information (...) inacceptable» de la part de la rédaction en chef avant la couverture de cette cérémonie marquant le 14e anniversaire de l'assassinat d'un enseignant et trois enfants d'une école juive à Toulouse par Mohamed Merah.

Selon un communiqué du SNJ, la rédaction en chef avait été alertée par «un membre important de la communauté juive de Toulouse» qu'il y aurait «du grabuge» lors de cette cérémonie. «Or, le 19 mars, l'équipe envoyée sur place pour couvrir la cérémonie n'(en) a jamais été informée» et «a travaillé en pensant couvrir un débordement spontané alors que les faits étaient prémédités et organisés», écrit le SNJ dans ce communiqué daté de Toulouse. Sollicitée par l'AFP, France Télévisions n'a pas souhaité faire de commentaire.

Ce jour-là, François Piquemal avait été longuement hué par une partie de l'assistance aux cris de «Dehors, LFI!» ou «antijuif!». «Cette rétention d'information est inacceptable car elle (...) n'a pas permis à la rédaction de donner à nos téléspectateurs une information exacte», ajoute le SNJ. Dans un article publié le 24 mars sur son site, France 3 Occitanie indiquait que le président du Crif Toulouse-Occitanie, Franck Touboul, avait envoyé ce SMS à un journaliste: «Venez avec la caméra à la manif annuelle d'hommage aux victimes du 19 mars, il va y avoir du grabuge.»

«On a dénoncé quelque chose»

Un mois plus tard, la mention de ce SMS a été retirée de l'article, a constaté mardi l'AFP. Contacté par l'AFP, Franck Touboul a nié avoir envoyé un tel message. «Quel SMS? Je n'ai pas de SMS», a-t-il déclaré, expliquant avoir toutefois dit à plusieurs interlocuteurs s'attendre à ce qu'un tel accueil puisse être réservé à François Piquemal. «Vous croyez que je ne connais pas mes ouailles? (...) Que je ne sais pas qu'ils vont protester devant la présence du candidat insoumis qui dépose une gerbe sur cette plaque après avoir, lui et son parti, méprisé, et pour son chef de parti, insulté ces victimes?», a-t-il poursuivi.

De son côté, François Piquemal souligne sur X que «le SNJ révèle ce qui s'apparente à un traquenard politique prémédité à la veille du second tour des municipales de Toulouse». Il rappelle avoir déposé une plainte après avoir été invectivé. Sollicité par l'AFP, le délégué syndical SNJ-Midi-Pyrénées à France TV, Benoît Roux, «ne veut polémiquer avec personne». «On a dénoncé quelque chose qui, journalistiquement parlant, ne nous convient pas (...) La récupération ou pas de LFI, franchement, ce n'est pas mon centre d'intérêt. Et pareil pour ce qui concerne les dénégations du Crif», a déclaré Benoît Roux.


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