Un retour inattendu
Ségolène Royal se porte candidate pour la primaire socialiste

Ségolène Royal, 72 ans, annonce sa candidature à la primaire fermée du PS prévue en octobre. Raphaël Glucksmann reste indécis, tandis qu'Olivier Faure, désavoué, pourrait aussi se présenter.
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Ségolène Royal fait son retour.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Après des mois de tergiversations, les militants du PS ont choisi de désigner leur candidat à la présidentielle par «une primaire fermée», en octobre, enterrant par la même occasion une primaire unitaire de la gauche. Les candidats sont déjà nombreux, dont l'inattendue Ségolène Royal, avant l'éventuelle entrée en lice de Raphaël Glucksmann.

Alors qu'Olivier Faure proposait d'ouvrir cette primaire à tous les sympathisants du PS pour élargir son corps électoral, les militants socialistes ont voté jeudi soir à 55,5% pour la réserver aux seuls adhérents du parti et des «organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste», comme Place publique de Raphaël Glucksmann.

Dans son option, Olivier Faure souhaitait aussi que le vainqueur participe ensuite à une primaire unitaire de la gauche hors-LFI avec les Écologistes et les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.

Avec le vote des militants PS, cette primaire unitaire, que refusaient ses opposants internes comme le chef des députés Boris Vallaud, n'est désormais plus d'actualité. Le risque pour la gauche est une multiplication des candidatures à la présidentielle et donc un éparpillement des voix.

La gauche s'organise

«Message reçu 5 sur 5». La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a pris acte, dans une communication aux instances de son parti, que les militants socialistes ont «décidé d'enterrer la primaire» unitaire de la gauche. Pressée par plusieurs élus écologistes de réamorcer un dialogue avec les Insoumis et de cesser de privilégier une alliance avec le PS, elle a annoncé des consultations internes qui devraient se tenir après le 13 juillet.

Selon le PS, le vainqueur de la primaire «proposera le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement».

Le résultat du vote de jeudi est logique, compte tenu des rapports de force du dernier congrès, les opposants à Olivier Faure étant majoritaires dans le parti depuis que Boris Vallaud et son courant les ont rejoints. Désavoué, Olivier Faure a pour autant refusé de démissionner. «La question hier n'était pas de savoir si je démissionne ou je ne démissionne pas», a-t-il réagi. Malgré sa défaite, Olivier Faure n'a pas exclu de se présenter à cette primaire et se décidera «le moment venu».

Combien de candidats?

Mais les regards sont désormais tournés vers Raphaël Glucksmann, dont la stratégie était jusqu'ici d'imposer sa candidature au PS par les sondages, et qui ne s'est pas encore prononcé sur sa participation. «Je crois qu'il n'a pas le choix et que, quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l'on puisse faire, c'est de se plier à la règle du départage démocratique», a estimé M. Faure. «De toute façon, on ne gagne pas une présidentielle en se cachant et donc on doit forcément à un moment entrer dans l'arène, accepter la confrontation», a-t-il ajouté.

Selon le PS, «un comité inter-partis» règlera les modalités de vote et de candidature de cette petite primaire. Trois socialistes se sont déjà déclarés: les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et, de manière plus inattendue, Ségolène Royal.

A 72 ans, l'ancienne candidate du parti à la présidentielle de 2007, a annoncé sur X être candidate «pour retrouver une France tranquille et confiante en son destin».

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Le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane avait également annoncé une candidature, mais hors primaire. Boris Vallaud, qui «a envie d'aller à la bagarre», pourrait également se présenter. La question se pose si d'autres mouvements que le PS et Place publique seront associés, comme celui de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. L'hypothèse d'une participation du banquier d'affaires Mathieu Pigasse, engagé à gauche, est également évoquée.

L'ancien président François Hollande refuse, lui, de se plier à une primaire, se positionnant comme un recours en fin d'année si le PS est toujours dans l'impasse. Car à gauche, le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, sur une bonne dynamique depuis son lancement de campagne, a pris une longueur d'avance sur ses concurrents. «Jean-Luc Mélenchon a réussi son entrée en campagne», a admis Olivier Faure «mais ce n'est pas parce qu'on est le champion de l'été qu'on est celui de l'automne ou celui de l'hiver».

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