«Flottille pour Gaza»
Une Insoumise aurait été torturée en Israël, la France enquête

Le parquet antiterroriste français enquête sur des accusations de tortures subies par deux militants, dont la députée LFI Marie Mesmeur, après l'interception d'une flottille pour Gaza par Israël en octobre 2025.
Des soldats de la marine israélienne à bord d'un des navires de la flottille le 2 octobre 2025.
Photo: keystone-sda.ch

En bref

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  • Le parquet national antiterroriste en France a ouvert une enquête pour tortures contre Israël, concernant le traitement de deux personnes, dont la députée LFI Marie Mesmeur, arrêtées sur une flottille pour Gaza en octobre 2025. Les faits présumés se seraient déroulés entre le 1er et le 7 octobre 2025.
  • Marie Mesmeur affirme avoir subi privations, violences et humiliations en détention. Elle a porté plainte dès son retour en France, évoquant des blessures dont une côte fêlée et 10 jours d'ITT.
  • En mai 2026, une autre flottille pour Gaza a été interceptée par Israël, impliquant 430 militants de diverses nationalités. Plusieurs enquêtes internationales, en France, en Italie et en Australie, visent les responsables israéliens, dont Benjamin Netanyahu et Itamar Ben Gvir.
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AFP Agence France-Presse

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert en France une enquête pour tortures concernant le traitement réservé par les autorités israéliennes à deux personnes, dont la députée Insoumise Marie Mesmeur, à bord d'une «flottille pour Gaza», interceptée en octobre 2025.

«Je salue l'ouverture de cette enquête par le Pnat et j'espère qu'elle va faire toute la lumière sur les actes commis par l'État d'Israël, notamment en prison», a réagi, auprès de l'AFP, l'élue LFI d'Ille-et-Vilaine, qui assure avoir passé quatre jours détenue en Israël, après près de 24 heures retenue sur le bateau.

L'enquête préliminaire a été ouverte le 1er juillet «à la suite des plaintes de deux personnes ayant pris part à une flottille pour Gaza en octobre 2025», a expliqué le Pnat, qui comprend un pôle crimes contre l'humanité. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH) et l'enquête ouverte «du chef de tortures au sens de la convention de New York» du 10 décembre 1984, a précisé cette source, pour des faits présumés «entre le 1er octobre et le 7 octobre 2025».

Une autre enquête préliminaire a été ouverte début juin, pour tortures et crimes de guerre, suite à un signalement du Quai d'Orsay sur la manière dont des Français d'une autre «flottille pour Gaza» avaient été traités, en mai dernier, par Israël. Itamar Ben Gvir, ministre israélien d'extrême droite, avait alors publié une vidéo de militants de cette flottille, agenouillés et mains liées, déclenchant un tollé international. Il a été interdit de séjour en France et en Irlande fin mai.

«10 jours d'ITT»

La députée Marie Mesmeur assure à l'AFP avoir vécu une situation similaire. «Ben Gvir était aussi venu en nous insultant de terroristes, de tueurs d'enfants», affirme-t-elle. Elle décrit des jours passés en détention, avec des privations «de nourriture, d'eau, de soins», ou encore une «banderole énorme» devant sa cellule avec une photo de «Gaza rasé», accompagnée d'une légende en arabe stipulant «Nouveau Gaza». Un écran projetait aussi, dans la cour de la prison, «des images et de la musique en continue» de ce qu'elle et les autres détenues pensaient être l'attaque du Hamas sur le sud d'Israël le 7 octobre 2023, poursuit-elle.

L'élue insoumise assure être allée porter plainte le «jour même» de son retour en France avec «des traces partout sur (s)on corps». Marie Mesmeur affirme avoir essayé de «protéger» une autre détenue et avoir «reçu plusieurs coups» qui ne lui étaient «pas destinés normalement». «J'ai eu 10 jours d'ITT (incapacité totale de travail, ndlr) à cause d'une côte fêlée et des bleus, des hématomes» notamment, «du fait des agissements des gardiens israéliens», décrit-elle. «Les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale», a souligné auprès de l'AFP son avocat, Me Raphaël Kempf, qui demande la désignation d'un juge d'instruction.

«Pour l'image de la France»

En mai 2026, une «flottille pour Gaza» a aussi été interceptée par les autorités israéliennes et les condamnations internationales s'étaient multipliées quant au traitement réservé en mer puis à terre, aux 430 militants de divers pays de cette flottille à vocation humanitaire, destinée à briser le blocus de Gaza. Les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté ces accusations. L'Italie a ouvert une enquête similaire à celle du parquet antiterroriste en France, tandis que l'Australie annonçait une enquête indépendante.

En France, les plaignants demandent à la justice d'enquêter sur les auteurs de ces violences, en remontant la chaîne des responsabilités: sont notamment cités le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ou son ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Marie Mesmeur, dont le mouvement LFI a fait de la question palestinienne l'un de ses principaux combats, tient à rappeler que «l'objectif principal», notamment du «gouvernement français», doit être d'"agir contre le génocide en cours en Palestine». Une qualification rejetée par les autorités israéliennes. L'ouverture de la nouvelle enquête «est un acquis important pour la lutte et pour l'image de la France», a commenté sur X le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.


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