Le parquet de Paris a requis le renvoi en procès pour viol de l'avocat Juan Branco, ont indiqué mardi des sources proches du dossier à l'AFP, confirmant une information de Libération et du Parisien.
Dans son réquisitoire définitif rendu le 6 août, le parquet de Paris demande que Juan Branco, 37 ans, soit jugé pour un viol commis sur une jeune femme, Marie (prénom d'emprunt), au printemps 2021, devant la cour criminelle départementale.
Il réclame un non-lieu pour d'autres faits d'agression sexuelle et de viol sur deux autres femmes, pour lesquels l'avocat est également poursuivi. Au cours de l'instruction, Juan Branco a contesté les faits qui lui étaient reprochés.
La décision du parquet «est un immense soulagement pour notre cliente, après cinq années d'une procédure judiciaire harassante», ont réagi auprès de l'AFP Mes Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin, les avocats de Marie. «Nous espérons très sincèrement qu'elle mettra un terme au comportement de toute puissance complètement hors de contrôle du mis en examen», même si le juge d'instruction doit encore se prononcer sur la tenue d'un procès, ont-ils ajouté.
«Sauver un dossier vide»
Leur cliente, alors étudiante en sciences politiques âgée de 20 ans, était allée voir la police au surlendemain d'une nuit passée au domicile de Juan Branco, expliquant qu'il lui avait fait consommer un médicament à base d'opium, puis l'avait forcée à un rapport sexuel sans son consentement.
De son côté, Juan Branco, qui a nié tout viol pendant l'instruction, dénonce un réquisitoire qui aurait été signé «après cinq ans de frénétiques recherches d'autres plaignantes demeurées vaines, afin de sauver un dossier vide», dans un communiqué transmis par l'intermédiaire de son avocat, Me Luc Brossollet.
Avocat franco-espagnol, Juan Branco est connu pour un pamphlet anti-Emmanuel Macron, «Crépuscule», publié en 2018. Il a notamment défendu un temps l'artiste russe Piotr Pavlenski, condamné pour avoir diffusé des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux en 2020, contraignant ce dernier à abandonner la course à la mairie de Paris. Son comportement pendant l'instruction du dossier judiciaire à son encontre, comme la publication sur internet de procès-verbaux d'auditions de plusieurs femmes ou d'extraits de la procédure, lui a valu une suspension de neuf mois en octobre 2025.