Le miel est aussi concerné
Des traces d'insecticide ont été retrouvées dans le Nutella

Des traces d'acétamipride, un insecticide controversé, ont été détectées dans le Nutella et des miels, alerte l'ONG Agir pour l'environnement. Elle demande un moratoire européen sur ces substances toxiques, interdites en France depuis 2018.
Photo: IMAGO/Martin Wagner
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AFP Agence France-Presse

L'ONG Agir pour l'environnement alerte lundi sur des traces de néonicotinoïdes, des insecticides interdits en France dont l'acétamipride, dans le Nutella et différents miels et appelle les pouvoirs publics à «agir sans délai».

Huit néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, «sont présents dans tous les miels et les pâtes à tartiner» analysés, soit douze produits différents, indique l'ONG dans un rapport, plaidant pour un «moratoire européen sur ces substances toxiques».

Elle demande aussi aux fabricants de «revoir immédiatement leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit exempt de néonicotinoïdes».

L'utilisation de ces insecticides en agriculture est interdite en France depuis 2018 en raison de leur toxicité pour le vivant, notamment les abeilles. Ils sont également bannis dans l'ensemble de l'Union européenne, à l'exception de l'acétamipride, autorisée jusqu'en 2033.

Les miels issus de mélanges posent problème

Agir pour l'environnement a analysé dix miels, dont sept importés. Tous sont porteurs de traces d'insecticides, l'acétamipride étant «le résidu le plus concentré» dans sept d'entre eux.

Un mélange de miels ukrainien, argentin et espagnol contient ainsi un total de 4.300 nanogrammes par kilogramme (ng/kg) de six néonicotinoïdes différents. «Les miels composés de mélanges de diverses origines sont les plus contaminés», souligne l'ONG, avec des concentrations allant de 700 à 5400 ng/kg.

En comparaison, les deux miels biologiques français testés sont «les moins contaminés», avec respectivement 7 et 163 ng/kg d'insecticides. Un miel bio de Bulgarie et du Mexique affiche lui 1300 ng/kg. Côté pâte à tartiner, le Nutella, analysé dans sa version classique et végétale, contient huit néonicotinoïdes, avec respectivement 480 et 850 ng/kg.

«Des normes strictes»

«La présence de traces d'une substance ne constitue pas, en soi, un risque pour la santé», a réagi auprès de l'AFP le géant de l'agroalimentaire Ferrero, qui assure que le Nutella est «fabriqué selon des normes strictes» et «pleinement conformes à l'ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire».

Au niveau européen, la limite maximale de résidus pour le miel, initialement fixée en 2008 à 0,05 milligramme par kilo (50'000 ng/kg), a été relevée ces dernières années, pour être désormais fixée à 1 mg/kg, selon un règlement publié en avril 2026 au Journal officiel de l'UE. Les concentrations mesurées sont donc très inférieures. Il n'existe pas de tel seuil pour la pâte à tartiner.

Face à cette «présence systémique», l'ONG appelle elle les parlementaires français à rejeter «toute tentative de réautoriser les néonicotinoïdes», alors qu'un amendement au projet de loi d'urgence agricole, porté par le sénateur LR Laurent Duplomb, prévoit de réautoriser deux néonicotinoïdes, l'acétamipride et du flupyradifurone. Il doit être débattu jeudi lors d'une commission mixte paritaire.



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