L'un des hommes écroués dans l'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque à Lyon est déjà mis en examen à Paris pour son rôle dans l'agression en 2024 dans la capitale d'un adolescent désigné comme «sioniste» et contraint de crier «Vive la Palestine», a-t-on appris de sources concordantes.
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, avait indiqué jeudi que cet homme de 24 ans, Alexis C., faisait «actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction à Paris pour des faits de violences aggravées en raison de la race, l'ethnie ou la religion». La justice parisienne lui reproche son rôle dans l'agression en mai 2024 dans le métro parisien d'un adolescent de 15 ans, a expliqué une source proche du dossier à l'AFP, confirmant une information du Parisien et de BFMTV.
Dans ce dossier, le parquet de Paris, interrogé par l'AFP, a indiqué avoir requis fin décembre le renvoi de neuf personnes devant le tribunal correctionnel, dont Alexis C. Ils attendent désormais de savoir si le juge d'instruction les renverra devant le tribunal. Selon les éléments communiqués par le parquet, la victime, qui a eu 12 jours d'interruption de travail, avait expliqué avoir été agressée dans le métro par un groupe de cinq à six personnes qui l'avaient désignée puis suivie dans une rame de métro.
L'adolescent avait expliqué avoir reçu «plusieurs gifles» et avoir «été désigné comme 'sioniste' avant d'être contraint de crier 'Vive la Palestine'», pendant qu'une jeune femme du groupe filmait, et avoir «encore reçu quelques coups» avant de pouvoir fuir. Les policiers avaient trouvé sur un compte Instagram identifié comme appartenant au groupe antifasciste aujourd'hui dissous La Jeune Garde une vidéo «sur laquelle certaines personnes du groupe étaient visibles. On pouvait y entendre des pleurs ainsi qu'une voix masculine dire à plusieurs reprises 'Vive Palestine'», a précisé le parquet.
«Une ambiance tendue»
«Plusieurs des mis en cause ont indiqué avoir voulu se rendre à une conférence de soutien à la cause palestinienne tenue à Paris Dauphine par (l'eurodéputée LFI) Rima Hassan, mais n'avoir pas pu y assister du fait d'une ambiance tendue quoique sans violences physiques aux abords du lieu», a-t-il poursuivi.
«Ils ont évoqué des confrontations verbales avec des personnes qu'ils rattachaient à la Ligue de défense juive (groupe juif radical, ndlr), dont quelques-unes les avaient suivis. Certains ont expliqué avoir cru reconnaître en la victime une de ces personnes, ce qui avait d'abord provoqué un échange d'invectives. Aucun n'a mentionné de violences physiques», selon le parquet.
Interrogé par l'AFP, l'avocat des mis en examen du dossier parisien, Me Tristan Soulard, souligne être tenu par «une confidentialité absolue» du fait du secret de l'instruction mais «dénonce néanmoins les informations parcellaires (parues) dans la presse et rappelle que tous bénéficient de la présomption d'innocence».