Militant nationaliste agressé
Un assistant d’un député LFI arrêté après la mort de Quentin Deranque

Neuf hommes ont été interpellés en France après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Parmi eux, un assistant d’un député de La France insoumise.
Jacques-Elie Favrot est l'assistant parlementaire du député de La France insoumise Raphaël Arnault, ici sur la photo.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Neuf suspects, dont un assistant parlementaire d'un député de la gauche radicale, ont été interpellés mardi en France, dans l'enquête judiciaire sur la mort d'un militant nationaliste, plaçant la gauche radicale sous le feu des critiques.

L'affaire, qui fait la Une des médias depuis l'agression jeudi de Quentin Deranque, a encore tendu le climat politique en France où La France insoumise (LFI), de l'ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, s'insurge de son côté contre une «récupération» politique. 

Le procureur de Lyon Thierry Dran a annoncé neuf interpellations, et une source proche du dossier a précisé à l'AFP que figurait parmi eux un assistant parlementaire d'un député LFI.

Jacques-Elie Favrot est l'un des assistants de Raphaël Arnault, qui avant d'être élu avait fondé le collectif antifasciste aujourd'hui dissous La Jeune Garde, mis en cause par le gouvernement et l'extrême droite dans la mort de l'étudiant de 23 ans.

Le nom du collaborateur parlementaire Jacques-Elie Favrot a été «cité par plusieurs témoins», avait rapporté lundi la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, en suspendant ses «droits d'accès» au palais Bourbon. La veille, le jeune homme avait démenti, via son avocat, «être responsable de ce drame» et avait dit se «tenir à la disposition de la justice». Il s'était retiré de ses fonctions auprès de Raphaël Arnault «le temps de l'enquête», avait précisé Me Bertrand Sayn.

«Que toute la lumière soit faite»

Quentin Derenque, 23 ans, a été roué de coups jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences PO Lyon. Souffrant d'un grave traumatisme cranien, il est décédé samedi. Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde dissous en juin 2025, avait exprimé «horreur et dégoût» à l'annonce de sa mort et souhaité sur X que «toute la lumière soit faite».

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Depuis jeudi, les enquêteurs ont auditionné des témoins, exploité des vidéos et de la téléphonie et étaient parvenus mardi matin à identifier une partie des suspects. Ils ont ensuite interpellé deux hommes dans le département de Haute-Loire et deux autres à Seyssel, dans le nord de l'Isère, mais «ce n'est pas fini», a déclaré à l'AFP la source proche du dossier. Les autre personnes arrêtées sont toutes de la mouvance ultragauche, selon une seconde source proche du dossier.

Les réactions de Mélanchon et Bardella

Les agresseurs de Quentin Deranque se sont «déshonorés» en frappant le jeune militant nationaliste «d'une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d'infliger la mort», a dénoncé mardi soir Jean-Luc Mélenchon. «Dans la violence, qu'elle soit défensive ou offensive, et je le dis en notre nom à tous, tous les coups ne sont pas permis», a martelé le leader de LFI dont la formation est mise en cause par ses adversaires en raison de ses liens avec la Jeune Garde antifasciste lyonnaise. «Quelles que soient les opinions de ses parents, rien ne justifie qu'on leur ramène leur enfant mort», a-t-il également dit à propos de Quentin Deranque.

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Le président du RN Jordan Bardella a, quant à lui, accusé mardi le leader de LFI d'avoir «ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés». «La responsabilité morale et politique de Jean-Luc Mélenchon est immense», a affirmé Jordan Bardella sur le réseau social X, accusant le patron de LFI de «complicité avec les groupuscules d'ultra-gauche qu'il qualifie lui-même de 'jeunes camarades'».


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