Le parquet de Paris a requis le renvoi en procès pour un viol en France de l'avocat et militant franco-espagnol Juan Branco, connu pour sa défense d'opposants en Afrique. Dans son réquisitoire, le parquet demande que l'avocat de 37 ans soit jugé pour ce viol commis sur une femme âgée de 20 ans en 2021. Le juge d'instruction doit désormais se prononcer sur la tenue d'un procès.
L'avocat s'est notamment fait un nom au Sénégal en prenant part à la défense de l'opposant Ousmane Sonko. Il a été visé par un mandat d'arrêt émis par le Sénégal et arrêté à ce titre en Mauritanie. L'avocat avait aussi suscité l'attention en annonçant une plainte en France et une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye contre le président Macky Sall pour «crimes contre l'humanité».
Cinq ans de procédure
Concernant ses poursuites pour viol en France, il nie. Et réclame un non-lieu pour d'autres faits d'agression sexuelle et de viol sur deux autres femmes. La décision du parquet de poursuivre l'avocat «est un immense soulagement pour notre cliente, après cinq années d'une procédure judiciaire harassante», ont réagi auprès de l'AFP Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin, les avocats de la femme de 20 ans.
«Nous espérons très sincèrement qu'elle mettra un terme au comportement de toute puissance complètement hors de contrôle» de cet avocat médiatique, ont-ils ajouté. Leur cliente, alors étudiante en sciences politiques âgée de 20 ans, était allée voir la police après une nuit passée au domicile de Juan Branco, expliquant qu'il lui avait fait consommer un médicament à base d'opium, puis l'avait forcée à un rapport sexuel sans son consentement, alors qu'ils regardaient un film sur son lit.
Le parquet a noté ses déclarations «constantes» malgré «les différentes pressions subies» par l'intermédiaire des réseaux sociaux de Juan Branco. Juan Branco, qui a nié tout viol, dénonce un réquisitoire qui aurait été signé «après cinq ans de frénétiques recherches d'autres plaignantes demeurées vaines, afin de sauver un dossier vide», dans un communiqué transmis par son avocat, Luc Brossollet.
Pamphlet anti-Macron
Connu pour son pamphlet anti-Emmanuel Macron «Crépuscule» en 2018, il met également en cause nommément le procureur qui a demandé son renvoi. Il accuse aussi le parquet d'avoir pratiqué de la «rétention» en tardant à rendre ses réquisitions, «à neuf mois de la présidentielle».
Le comportement de Juan Branco pendant l'instruction lui a valu, en octobre 2025, une suspension de neuf mois du barreau, notamment pour avoir publié sur internet des procès-verbaux d'auditions de plusieurs femmes ou d'extraits de la procédure. Il peut aujourd'hui à nouveau exercer, mais attend une décision disciplinaire dans une autre procédure contre lui.