«Des proies faciles»
Ils tendent des pièges à des homosexuels et finissent en prison

Des jeunes hommes de 20 à 23 ans ont écopé de peines allant jusqu'à 5 ans de prison à Sarreguemines pour avoir agressé et extorqué sept homosexuels à l'aide de l'application Grindr.
Des hommes ont écopé de peines de prison pour avoir agressé et extorqué sept homosexuels à l'aide de l'application Grindr.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Des peines allant jusqu'à cinq ans de prison, assorties de sursis, ont été prononcées mercredi à Sarreguemines (Moselle) à l'encontre de six jeunes hommes poursuivis pour avoir tendu des guet-apens à au moins sept personnes homosexuelles l'an dernier. Des peines allant de 18 mois dont 12 avec sursis à 5 ans de prison dont 3 avec sursis ont été prononcées à l'encontre des six mis en cause, âgés de 20 à 23 ans, à qui il était reproché d'avoir participé à de violentes extorsions.

Ils avaient été placés en détention provisoire le 29 octobre 2025, mais depuis cinq d'entre eux étaient sortis de prison et comparaissaient libres. Le seul encore en détention, et présenté comme le plus violent, a écopé de 5 ans de prison, dont 3 avec sursis, et reste écroué. Tous ont des mentions au casier judiciaire et deux sont en état de récidive. Il leur est reproché d'avoir organisé, entre juillet et fin octobre dernier, des rendez-vous à Sarreguemines et ses environs à partir de l'application de rencontres Grindr, très utilisée dans la communauté gay.

Sur les lieux du rendez-vous, des complices sont cachés. Au signal, ils sortent de leur cachette, cagoulés, dérobent l'argent liquide de la victime, l'obligent à effectuer des virements bancaires – pour certains de plusieurs milliers d'euros – et s'emparent parfois des téléphones portables. Ils prennent ensuite des photos des plaques d'immatriculation et des papiers d'identité de leur victime et profèrent des menaces pour éviter qu'elle ne dépose plainte.

Si elles tentaient de fuir ou de se débattre, les victimes étaient molestées ou violentées, notamment à l'aide d'un taser ou d'un couteau. Entre 13 et 20 extorsions auraient été commises mais seulement sept victimes ont été identifiées et trois se sont constituées, à ce jour, parties civiles.

«Des proies faciles»

Ces faits auraient pu conduire les prévenus devant la cour d'assises, a rappelé le représentant du parquet, Aurélien Rubio, dans ses réquisitions. Pour lui, les regrets exprimés par les six prévenus ne sont que «de façade». Le caractère homophobe de ces actes n'a pas été retenu dans les poursuites. Mais au tribunal mercredi, deux des victimes ont témoigné de leur traumatisme.

L'une des victimes, un fleuriste de 28 ans, a été victime des prévenus le 6 octobre. «J'ai fait une crise de panique», a t-il expliqué à la barre du tribunal, «seul face à 4 bonhommes avec un taser, la partie était déjà jouée d'avance». Il a aussi exprimé sa colère et relaté des propos homophobes dont il a été victime. «Les homosexuels sont des proies faciles», a déclaré l'autre victime. Ses agresseurs lui ont cassé trois côtes, lui occasionnant 30 jours d'ITT.

Les prévenus ont eux expliqué que tout était parti d'une blague. Un des garçons, inscrit sur Grindr à son insu, s'est rendu compte que de nombreuses personnes «étaient prêtes à payer pour des services». «Je regrette ce que j'ai fait, on n'aurait pas dû s'embarquer là-dedans», a déclaré l'un des prévenus. Un autre a évoqué un «engrenage».



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