Trois personnes sont décédées lundi matin à la suite d'un incendie criminel dans un immeuble de Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon, et la piste du règlement de comptes entre trafiquants de drogues est à l'étude.
«Vers 7H30, il y a eu plusieurs départs de feu» dans un immeuble de sept étages situé dans le quartier populaire du Prainet, a déclaré le préfet délégué à la sécurité Antoine Guérin qui s'est rendu sur place.
Le sinistre, qui a mobilisé lundi matin plus de 80 sapeurs-pompiers et une trentaine d'engins, a rapidement été éteint. Mais, en fin de matinée, les pompiers restaient mobilisés pour sécuriser le bâtiment. Des policiers, en nombre important, ont verrouillé les accès au site, selon des journalistes de l'AFP.
14 victimes en urgence relative à l'hôpital
Aucune information sur l'identité des personnes décédées n'a à ce stade été communiquée. Deux sources proches du dossier ont indiqué à l'AFP que l'une d'elle s'est défenestrée en se jetant du septième étage.
Par ailleurs, quatorze victimes en urgence relative ont été transportées à l'hôpital par les secours après avoir été exposées à des fumées, et une quarantaine de résidents de l'immeuble ont été évacués vers un gymnase municipal, selon la préfecture.
Une cellule d'écoute psychologique a été mise en place et «le bailleur commence à reloger» les habitants, a déclaré à l'AFP la présidente LR de la Métropole de Lyon Véronique Sarselli.
Une enquête sur l'incendie a été confiée à la direction de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la police judiciaire. «L'hypothèse de violences entre trafiquants de drogues est à l'étude», a indiqué à l'AFP une source policière.
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour «homicide volontaire en bande organisée». «Pour l'heure aucune hypothèse n'est écartée, notamment la piste criminelle», écrit le procureur de Lyon Thierry Dran dans un communiqué.
Dispositif policier renforcé
Plusieurs départs de feu d'origine volontaire ont eu lieu depuis fin avril, rue Sully où s'est produit l'incendie lundi matin, et des tirs d'armes à feu ont également été recensés à proximité.
Le 24 avril, une femme qui rentrait chez elle avec ses deux enfants a été atteinte au mollet par une balle perdue dans des tirs qui visaient cinq voitures stationnées dans la rue. Après ces tirs, la maire LR de Décines-Charpieu, Laurence Fautra, avait interpellé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, et réclamé une «présence régalienne ferme et efficace». «Décines-Charpieu doit être purgée de ses narcotrafiquants», avait-elle écrit sur Facebook.
Le dispositif policier a été renforcé dans le quartier depuis, avec le déploiement d'une compagnie de CRS notamment. Des patrouilles militaires «Sentinelle sont déployées pour garantir le périmètre de sécurité», a écrit sur X la préfète du Rhône Fabienne Buccio.
En décembre 2022, un incendie avait fait dix morts, dont quatre enfants, dans un immeuble de Vaulx-en-Velin, également dans la banlieue est de Lyon. Les flammes étaient parties du rez-de-chaussée, avant de se propager au reste du bâtiment. L'enquête a montré que le feu était parti d'un canapé installé dans un point de deal en bas de l'immeuble mais sans identifier les responsables.