Le gérant du groupe de luxe français Hermès, Axel Dumas, a indiqué jeudi que Jeffrey Epstein avait fait le forcing pour le rencontrer en 2013, allant jusqu'à s'inviter lors de la visite d'un atelier de l'entreprise en région parisienne.
«J'ai eu un seul contact avec Jeffrey Einstein, c'était en mars 2013, lors d'une visite des ateliers Hermès à Pantin (près de Paris). Il ne figurait pas sur les listes des invités et s'est joint à un groupe d'invités de Woody Allen et sa femme, sans que cela ait été annoncé en amont», a déclaré Axel Dumas, interrogé par l'AFP lors d'un point presse en marge de la publication des résultats annuels 2025 du groupe.
Une photo des dossiers Epstein montre Axel Dumas en compagnie du réalisateur américain Woody Allen et du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. «On en a profité pour faire une photo prise sur le vif, que visiblement il a gardée précieusement», a souligné Axel Dumas. «Et effectivement, il avait une mauvaise réputation», a-t-il ajouté.
Refus à répétition
«Par la suite, il a tenté par trois fois de me rencontrer, ce que j'ai toujours décliné», a précisé le gérant d'Hermès. Des mails envoyés par l'assistante d'Axel Dumas, consultés par l'AFP dans les dossiers Epstein mis à disposition par la justice américaine, montrent que le patron d'Hermès a refusé plusieurs invitations lancées par Jeffrey Epstein.
«Enfin, en 2016, il a participé à une vente aux enchères caritative, a remporté un lot offert par la maison, un stage en atelier. Lorsque nous avons appris qu'il était l'enchérisseur gagnant, nous avons refusé et avons dédommagé la charity d'un montant équivalent», a expliqué Axel Dumas.
En 2012, Jeffrey Epstein avait déjà demandé à Hermès de refaire l'intérieur de son avion «et nous avons refusé», a indiqué le gérant du groupe de luxe. «Je ne peux pas vous dire exactement ce qu'on savait sur lui ou pas, parce que je ne me rappelle pas il y a 13 ans, mais il avait déjà une réputation détestable», a-t-il précisé.
Subtils montages dénoncés
«Je me permettrai d'ajouter que nous étions en pleine affaire LVMH», a-t-il souligné. LVMH et Hermès étaient alors en conflit après que le numéro un mondial du luxe avait fait intrusion en catimini dans le capital du sellier maroquinier. «J'étais déjà très suspicieux des agissements d'Eric Freymond auprès de mon oncle, et on n'avait pas besoin d'un financier louche», a-t-il ajouté.
Nicolas Puech, oncle d'Axel Dumas, avait porté plainte contre son ancien gestionnaire de fortune Eric Freymond, décédé depuis. Nicolas Puech estimait que le financier avait eu recours à de subtils montages pour faire disparaître ses actions.
Une des questions non résolues est de savoir si ces actions avaient été vendues ou non à LVMH pour sa montée masquée au capital d'Hermès, pour laquelle l'AMF avait condamné le géant du luxe dirigé par Bernard Arnault.