Des tests salivaires inopinés
Les ministres français soumis aux dépistages surprise de cocaïne

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu impose des tests salivaires inopinés pour détecter la consommation de drogue dans les cabinets ministériels. Une mesure pour renforcer la sécurité et lutter contre les vulnérabilités.
Sébastien Lecornu à l'hôtel Matignon à Paris le 11 juin 2026.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a ordonné à ses ministres de procéder à des dépistages inopinés de leurs collaborateurs pour déceler une éventuelle consommation de stupéfiants au sein de l'Etat, selon une circulaire que l'AFP a pu consulter mercredi.

La consommation de certains stupéfiants comme la cocaïne et les drogues de synthèse sont en forte hausse en France ces dernières années. Pour la cocaïne, un chiffre résume l'ampleur du phénomène. En 2023, un adulte français sur dix avait consommé au moins une fois de la cocaïne. Une vingtaine d'années plus tôt, la proportion n'était que d'un sur cinquante.

Dans cette circulaire datée de mardi et cité par le site Politico, Sébastien Lecornu demande aux membres de son gouvernement «d'organiser (...) des dépistages inopinés et obligatoires, sous la forme de tests salivaires» dans leurs cabinets, auprès des hauts fonctionnaires ou encore des agents ayant accès à des «informations sensibles» ou porteurs d'une «habilitation» notamment dans la défense ou la sécurité.

Car, explique-t-il, la consommation de stupéfiants par des agents publics, «constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l'impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d'être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manoeuvres d'ingérence». Et donc «la plus grande vigilance est requise».

«Une exigence d'exemplarité»

Selon le Canard Enchaîné daté du 17 février, un membre du cabinet du Premier ministre, conseiller sur les questions agricoles déjà en poste avant Sébastien Lecornu, avait dû être exfiltré de Matignon pour consommation de drogue fin 2025. L'Etat «ne peut pas mener une politique claire contre le narcotrafic et ses conséquences dans la société sans s'imposer à lui-même les mêmes exigences», fait valoir l'entourage du Premier ministre. «C'est une exigence d'exemplarité et de sécurité proportionnée aux responsabilités exercées», ajoute la même source.

Un dépistage inopiné a d'ailleurs été organisé au sein du cabinet du Premier ministre il y a environ deux semaines. Les ministres établiront la liste des emplois «susceptibles d'être soumis à un dépistage régulier», dans un plan d'action qui sera remonté au chef du gouvernement «avant le 26 juin». Si le résultat est positif, les ministres pourront apprécier les conséquences «y compris sur un plan disciplinaire» et orienter les consommateurs «vers des structures de soins».

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