Atteinte à l'honneur d'une élue
Une militante de Némésis condamnée pour diffamation

Une militante de Némésis a été condamnée à Besançon à 2000 euros d'amende avec sursis et 500 euros de dommages pour avoir diffamé l'ex-maire Anne Vignot avec des tracts offensants. Elle compte faire appel.
C'est la première fois (en France) que ce collectif qui se présente comme féministe, est condamné pour l'une de ses actions.
Photo: Nicolas Poinsot
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AFP Agence France-Presse

Une militante du collectif d'extrême droite Némésis a été condamnée vendredi à une peine de 2000 euros d'amende avec sursis et 500 euros de préjudice moral pour diffamation envers l'ancienne maire écologiste de Besançon. Le tribunal correctionnel de Besançon l'a reconnue coupable d'avoir distribué des tracts, relayés sur les réseaux sociaux, présentant une photo de l'élue avec l'inscription «Soutien aux violeurs étrangers». «L'infraction est constituée», ces tracts «portent atteinte à l'honneur et à la considération de Mme Anne Vignot qui était à l'époque maire de Besançon», a expliqué le président du tribunal, Robert Pech, en rendant la décision.

Yona Faedda, condamnée pour diffamation contre une personne dépositaire de l'autorité publique, a annoncé sur le parvis du tribunal qu'elle ferait appel de cette décision. «C'est un peu n'importe quoi d'être condamnée pour ça, parce que ce n'est pas de la diffamation, on a encore le droit de dire ce qu'on pense», a-t-elle déclaré devant la presse. La jeune femme de 21 ans s'est dite soulagée de ne pas avoir été condamnée à une peine de travail d'intérêt général, comme l'avait requis le parquet lors de l'audience le 27 mai.

«Limites» posées par la justice

«C'est la première fois (en France) que ce collectif qui se présente comme féministe, est condamné pour l'une de ses actions», a souligné auprès de l'AFP l'avocat d'Anne Vignot, Tewfik Bouzenoune, saluant une décision «historique». «Les limites admissibles à la liberté d'expression, y compris pour un collectif qui revendique des actions politiques, ont été posées par cette décision et j'espère que cela aura un effet prophylactique sur leurs prochaines actions», a-t-il poursuivi.

L'ancienne maire s'est également félicitée des «limites» posées par la justice. «On ne peut pas se permettre, pour des coups d'éclat, de dire que la maire est complice de violeurs, sous couvert en plus d'une fausse cause féministe», a tancé l'ancienne édile, «satisfaite» de la décision du tribunal.

Le 8 janvier 2025, des militantes de Némésis s'étaient introduites dans le bâtiment où Mme Vignot présentait ses voeux. Elles avaient déployé une banderole «violeurs étrangers bienvenus», en scandant «Vignot complice», puis jeté des tracts présentant une photo de l'élue portant l'inscription «Soutien aux violeurs étrangers». «Attention, des dérives comme celle-ci, ce n'est pas juste le fait d'un petit groupuscule qui serait en train de faire de la com'», a mis en garde Mme Vignot, «c'est tout un mouvement de société. C'est grave». A Besançon, Némésis a réalisé plusieurs actions qui ont donné suite à des dépôts de plainte au cours du mandat de l'écologiste (2020-2026).

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