Le corps de Sophie Narme a été exhumé mardi 14 avril, selon une information du «Progrès». Les enquêteurs espèrent encore, 35 ans après les faits, pouvoir retrouver une trace génétique sur les restes de cette jeune femme, violée et assassinée en 1991. Son bourreau pourrait être Dominique Pelicot, mis en examen dans ce dossier depuis 2022.
L'homme, emprisonné pour avoir organisé les viols de son ex-femme, Gisèle Pelicot, est aujourd’hui considéré comme le principal suspect, même s’il nie toute implication.
Espoir fragile
Le corps de Sophie Narme reposait dans un cimetière des Yvelines (F). L’exhumation et les investigations sont gérées par une équipe spécialisée dans les cold case. Cette opération nourrit toutefois un espoir très fragile.
Après un laps de temps aussi long, la probabilité de retrouver un ADN exploitable est infime. La procédure rappelle surtout les graves dysfonctionnements qui ont marqué ce dossier dès son origine. Des prélèvements de spermatozoïdes effectués sur la victime avaient été perdus lors de leur transmission au laboratoire, une faute pour laquelle l'Etat a ensuite été condamné. D’autres pièces à conviction ont également disparu, parmi lesquelles la ceinture utilisée pour étrangler la jeune femme, pourtant réexaminée bien plus tard sans résultat probant.
Droguée à l'éther puis violée
Pendant des années, les soupçons se sont d’abord portés sur François Vérove, un ancien policier qui avait notamment été suspecté en raison de similitudes avec d’autres crimes commis dans le secteur. Mais depuis 2022, c’est Dominique Pelicot qui se trouve au cœur de l’enquête.
Son nom a émergé en lien avec une autre affaire: la tentative de viol d’Estella B., en 1999 à Villeparisis. Comme Sophie Narme, la victime était une jeune agente immobilière. Selon l’enquête, son agresseur s’était présenté comme un visiteur potentiel avant de tenter de lui faire inhaler un produit chimique. Elle était parvenue à lui échapper. Dans le dossier Sophie Narme, les enquêteurs avaient conclu que la victime avait été droguée à l’éther.
ADN de Dominique Pelicot
En 2010, Dominique Pelicot avait été interpellé pour avoir filmé sous les jupes de clientes dans un supermarché de Seine-et-Marne. Son ADN, prélevé à cette occasion, avait permis de l’identifier dans l’affaire Estella B.
Mais aucune poursuite n’avait alors été engagée. Les faits ont ensuite été prescrits. Désormais, seule une éventuelle condamnation dans le dossier Sophie Narme pourrait permettre d’établir un lien sériel entre les deux affaires et de neutraliser cette prescription. L'homme est mis en examen pour les deux affaires depuis 2022, tandis qu'il purge déjà la peine maximale de 20 ans de prison pour les viols dont a été victime Gisèle Pelicot.