Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français en réponse au refus de son homologue Emmanuel Macron de rejoindre son «Conseil de paix». Un projet encore flou du président américain qui semble vouloir créer une sorte d'alternative à l'ONU.
«Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n'est pas obligé d'y adhérer», a-t-il déclaré à des journalistes en Floride. De son côté, la France juge «inacceptables» ces nouvelles menaces de taxes du président Trump «pour influencer sa politique étrangère», a réagi l'entourage d'Emmanuel Macron
«Il faut que l'Europe se réveille»
«C'est une menace, à ce stade, inadmissible, d'une brutalité inouïe et évidemment, qui ne peut pas rester sans réaction non seulement de la part de la France mais de la part de l'Union européenne toute entière», a réagi de son côté la ministre de l'Agriculture Annie Genevard sur TF1. «Cette menace cible un secteur particulier qui est celui de la viticulture, qui n'en a pas besoin parce qu'il connaît des difficultés et qui est un fleuron de l'agriculture française», a-t-elle dénoncé.
L'Europe doit arrêter de «subir ces bras de fer» avec Donald Trump, qui «est en train de détruire une partie de l'économie mondiale pour régner», a commenté de son côté le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie. «On annonce 200(%), je ne sais pas à combien ça va finir, mais globalement, il faut que l'Europe se réveille pour qu'elle puisse protéger aussi ses producteurs et ses consommateurs», a réagi Hervé Lapie interrogé sur Europe 1.
Encore et toujours des taxes
«Il faut aussi qu'on soit forts en Europe et c'est notre ambition aussi pour que ce qu'on va représenter aujourd'hui à Strasbourg», a encore déclaré Hervé Lapie. Des milliers d'agriculteurs sont en effet attendus mardi à Strasbourg, à l'appel de la FNSEA, pour exprimer leur rejet de l'accord commercial avec des pays du Mercosur, à la veille d'un vote sur une saisine de la justice.
«Il y a un bras de fer aujourd'hui qui est mené par le président des Etats-Unis. On l'a bien vu avec son ardoise au début, où il voulait taxer tous les produits qui rentraient chez lui», a ajouté Hervé Lapie.
La France est la première puissance agricole européenne et l'un des principaux pays producteurs de vin dans le monde, avec l'Italie. Les Etats-Unis sont, eux, le premier marché à l'export pour le champagne, tant en volume (environ 10%) qu'en valeur (820 millions d'euros, soit plus de 14% des ventes du secteur), selon les chiffres 2024 du Comité Champagne, l'organisation interprofessionnelle de la filière.
A l'UE de répondre selon les exportateurs
L'Union européenne doit traiter «de manière unie» le sujet de la nouvelle menace de surtaxe de 200% émise par Donald Trump à l'encontre des vins français, a estimé mardi la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).
«Il s'agit de questions géopolitiques qui dépassent les enjeux sectoriels des vins et spiritueux. En ce qui concerne la politique commerciale, c'est une compétence exclusive de l'Union européenne. Le sujet doit donc être traité au niveau européen, de manière unie et coordonnée, et porté d'une seule voix», a réagi la FEVS dans un communiqué.
Celle-ci «a pris connaissance des déclarations récentes du président des Etats-Unis. Qu'il s'agisse du Groenland ou du Conseil de la paix à Gaza, les récentes menaces de droits de douanes ne sont pas une bonne nouvelle: elles aggravent la crise entre les USA, l'UE et la France», ajoute l'association professionnelle.
«Ces déclarations du président des Etats-Unis doivent être prises au sérieux mais avec sang-froid», a dit son président Gabriel Picard, cité dans le communiqué. «A cet égard, les prochaines rencontres qui doivent se tenir dans le courant de la semaine entre dirigeants américain, européens et français seront importantes», ajoute-t-il.