Le géant bancaire suisse UBS a publié mercredi un bénéfice net meilleur qu'attendu au premier trimestre, en hausse de 80% à 3 milliards de dollars (près de 2,6 milliards d'euros), porté notamment par sa banque d'investissement. Son produit d'exploitation, l'équivalent de son chiffre d'affaires, a grimpé de 13% par rapport à la même période l'an passé, à 14,2 milliards de dollars malgré «un contexte géopolitique et de marché volatil et imprévisible», a indiqué la banque dans un communiqué.
Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablaient en moyenne sur 2,4 milliards de dollars de bénéfice et 13,4 milliards de chiffre d'affaires. Les revenus de sa banque d'investissement se sont inscrits «en hausse de 27% en glissement annuel», a détaillé la banque dans le communiqué. «En ce début de deuxième trimestre, les marchés affichent une certaine résilience», a souligné la banque dans le communiqué, expliquant toutefois que «les risques sont toujours élevés» et que «la situation peut évoluer rapidement».
Bras de fer avec la Confédération
«Le contexte actuel souligne tout l'intérêt de notre bilan à toute épreuve», a insisté la banque, actuellement en plein bras de fer avec le gouvernement suisse concernant le durcissement des exigences pour ses fonds propres. En 2023, UBS avait accepté de racheter son ex-concurrente Credit Suisse sous la pression des autorités helvétiques pour éviter sa faillite. Compte tenu du poids que cette fusion a conféré à UBS, les autorités suisses souhaitent depuis renforcer les règles bancaires pour s'assurer qu'UBS soit en mesure de résister en cas de choc macroéconomique ou sur les marchés financiers.
La semaine passée, la ministre des finances Karine Keller-Sutter a fait un point sur les mesures souhaitées par le gouvernement, notamment concernant la couverture des participations d'UBS dans les filiales étrangères, avec une mesure qui lui imposerait de mettre de côté environ 20 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires.
Cette proposition a suscité de vives critiques d'UBS qui a qualifié les mesures souhaitées par le gouvernement «d'extrêmes», affirmant qu'elles «s'écartent des normes internationales» alors même que les exigences de la Suisse concernant les fonds propres sont déjà «parmi les plus strictes au monde».
Pour le premier trimestre, les grandes banques d'affaires américaines comme Morgan Stanley et Goldman Sachs ont elles aussi publié des résultats meilleurs qu'attendu, portées par les revenus générés pat le courtage d'actions et les commissions pour les fusions et acquisitions dans leurs activités de conseils.