Ceux qui se souviennent d’une période économique plus stable ont de quoi s’inquiéter. Aujourd’hui, la guerre en Iran pèse sur les entreprises, les salariés et les investisseurs du monde entier. En Suisse, les propriétaires immobiliers, actuels ou futurs, commencent à en ressentir les effets.
Les taux hypothécaires repartent à la hausse, comme le montre le dernier baromètre du comparateur en ligne Comparis. Une évolution notable alors même que la Banque nationale suisse n’a pas modifié son taux directeur depuis l’été dernier.
Hausse marquée depuis février
Selon Comparis, le taux d’une hypothèque fixe sur deux ans atteint désormais 1,48%, tous prestataires confondus. Il se situait encore à 1,34% fin février, avant le début du conflit. Sur cinq ans, il est passé de 1,51% à 1,63%. Sur dix ans, il s’élève aujourd’hui à 1,84%, contre 1,77% fin février.
A la fin mars, les hypothèques Saron de premier rang se situaient en moyenne entre 0,8% et 1,2%. Les hypothèques fixes sur cinq ans oscillaient entre 1,1% et 1,7%, et celles sur dix ans entre 1,4% et 2,0%.
Un basculement vers le court terme
Cette hausse s’explique par les tensions sur les marchés des capitaux. Après un début d’année en baisse, les taux ont nettement remonté avec l’escalade du conflit en Iran. Les risques géopolitiques renforcent les anticipations d’inflation, ce qui se répercute surtout sur les échéances courtes.
«La hausse des taux à court terme et l’aplatissement de la courbe indiquent que le marché anticipe surtout des effets négatifs à brève échéance», analyse Dirk Renkert, expert financier chez Comparis. Dans ce contexte d’incertitude, les emprunteurs se tournent davantage vers des durées plus courtes. La part des contrats de moins de trois ans a grimpé à 27% au premier trimestre, contre 17% au trimestre précédent. Celle des hypothèques Saron a même doublé.
Un risque en cas de conflit prolongé
«Le recours accru aux hypothèques Saron montre que les coûts sont au centre des préoccupations», souligne Dirk Renkert. Mais en cas de conflit durable en Iran, le risque d’une inflation plus forte subsiste. «Dans ce cas, la BNS pourrait être contrainte de relever ses taux», avertit-il.
Une telle décision aurait un impact direct sur les hypothèques Saron. Et si les incertitudes persistent, les taux à moyen et long terme pourraient également continuer à grimper.
Des solutions intermédiaires plus attractives
Au premier trimestre, la part des hypothèques à moyen terme et sur dix ans a reculé. Les taux plus élevés sur les longues durées freinent les emprunteurs. Fin mars, les taux indicatifs pour dix ans dépassaient de 0,25 point ceux proposés sur cinq ans.
En revanche, le taux des hypothèques à taux fixe sur huit et neuf ans a nettement augmenté. Leur part est passée d’environ 4% à près de 18% en un an. «Ces solutions offrent un bon compromis entre sécurité de planification et coût, contrairement aux hypothèques sur dix ans devenues plus chères», conclut l’expert.