L'or poursuit jeudi sa progression fulgurante vers de nouveaux records, propulsé par les nouvelles menaces brandies par Donald Trump d'une intervention américaine en Iran, tandis que le dollar marque une pause après le statu quo de la Réserve fédérale (Fed) sur ses taux mercredi.
«Le marché des matières premières reste en pleine effervescence», car «l'affaiblissement du dollar et la montée des tensions géopolitiques incitent les investisseurs à se tourner vers des actifs tangibles pour se protéger», résume Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.
500 dollars en une semaine
Trump a pressé mercredi Téhéran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant que «le temps était compté» avant une attaque américaine. L'Iran se dit «le doigt sur la gâchette», prêt à répondre à toute attaque américaine. Dans la foulée, l'once d'or (31,1 g) s'est envolée jeudi jusqu'à un nouveau record, à 5595,47 dollars, et montait de 1,65% vers 10H50 GMT (11H50 à Paris), à 5506,90 dollars.
Rien que depuis le début de la semaine, elle a gagné autour de 500 dollars. L'argent et le cuivre ont également enregistré de nouveaux records jeudi, à respectivement 120,4448 dollars l'once, et près de 14'000 dollars la tonne. Devant le climat incertain aux Etats-Unis (politique commerciale et diplomatique changeante, dette qui enfle, pressions politiques sur la Fed...), les investisseurs favorisent aussi les métaux précieux au détriment du dollar et des bons du Trésor américain.
Gel des taux
Comme attendu, la banque centrale américaine a laissé mercredi ses taux d'intérêt inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après les avoir réduits sans discontinuer depuis septembre. Ce gel des taux a été désapprouvé par deux des douze responsables de la Fed, ceux nommés par Donald Trump. «Le ton légèrement plus prudent de la Fed a toutefois eu un impact très limité sur le billet vert», «qui peine à se remettre» de sa récente chute, remarque Francesco Pesole, analyste chez ING.
Vers 10H50 GMT, la devise américaine stagnait (+0,05%) par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1948 dollar pour un euro. De son côté, la devise japonaise avait progressé ces derniers jours sur les spéculations d'une possible intervention conjointe de Washington et Tokyo sur le marché des changes pour soutenir le yen en difficulté.
Mais jeudi, elle ne grappillait plus que 0,03% à 153,36 yens pour un dollar, après que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a refusé de commenter cette possibilité, assurant seulement que Washington menait «une politique en faveur d'un dollar fort». Ces déclarations apparaissent contradictoires avec celles du président américain mardi, qui avait paru satisfait de la faiblesse du dollar, le plombant encore davantage.