Conflit au Moyen-Orient
Tempête sur les marchés, l'or poursuit sa dégringolade

Les tensions au Moyen-Orient, exacerbées par l'ultimatum de Donald Trump à l'Iran, font plonger les Bourses mondiales et grimper les prix du pétrole. Le détroit d'Ormuz reste au cœur du conflit, menaçant l'économie globale.
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Les bourses mondiales étaient dans le rouge lundi matin.
Photo: IMAGO/Eibner

La tempête continue sur les marchés: à l'entame de la quatrième semaine de la guerre au Moyen-Orient, les Bourses mondiales reculent nettement et les taux d'intérêt des dettes souveraines grimpent, sur fond de hausse continue des prix du pétrole.

Les investisseurs «se réveillent avec la perspective d'une nouvelle semaine difficile, après un week-end n'ayant pas permis d'apaiser les tensions au Moyen-Orient», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Les prix du pétrole poursuivent leur hausse. Vers 8h GMT (9h en Suisse), le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, était en hausse de 3,43% à 101,60 dollars et le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 1,65% à 114,04 dollars.

Ils flambent depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, point stratégique pour l'approvisionnement mondial du pétrole. «La situation s'est encore aggravée avec l'ultimatum de Trump exigeant de l'Iran l'ouverture du détroit d'Ormuz», selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

Sans réouverture totale et inconditionnelle du détroit au plus tard lundi soir, les Etats-Unis «frapperont et anéantiront» les centrales électriques iraniennes, a en effet prévenu le président américain Donald Trump samedi soir. Le gouvernement iranien a de son côté assuré lundi qu'il fermerait entièrement le détroit d'Ormuz, si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace.

Téhéran a aussi menacé un peu plus tôt de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient, en réaction à l'ultimatum lancé par Donald Trump, après des frappes iraniennes particulièrement destructrices dans le sud d'Israël.

Les Bourses en souffrance

La flambée des prix du brut fait craindre un regain d'inflation et un ralentissement de la croissance dans l'économie mondiale, particulièrement en Europe et en Asie, dépendants des importations d'hydrocarbures, ce qui fait souffrir les Bourses.

Dans les premiers échanges après l'ouverture, vers 8H20 GMT, Zurich cédait 1,8%, Paris 1,53%, Londres 1,49%, Milan 1,78% et Francfort 1,82%. Vendredi, ces indices avaient déjà tous terminé nettement en recul. Il perdent plus de 10% sur un mois.

Le président américain a déjà montré «qu'il était prêt à mener des actions militaires lorsque ses exigences ne sont pas satisfaites» et donc «les marchés accordent du poids à son message», estime Chris Weston de Pepperstone. «Les investisseurs intègrent désormais un scénario de blocage prolongé des flux énergétiques, avec un risque croissant de perturbations durables sur le pétrole», relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.

L'or plonge

L'or, valeur refuge par excellence, voyait également son cours reculer lundi matin. De gros détenteurs s'en détournent afin de faire face aux effets inflationnistes du conflit au Moyen-Orient. Vers 07h10 GMT, l'once d'or plongeait de 7,74% à 4139,10 dollars et l'once d'argent de 8,70% à 61,58 dollars.

Le métal précieux poursuit ainsi sa chute «pour la quatrième semaine consécutive, alors que la guerre au Moyen-Orient a exacerbé les craintes inflationnistes et que les grandes économies sont contraintes de renforcer leurs liquidités, notamment par la vente d'or, afin de compenser l'effet de la guerre», notent les experts de la plateforme Trading Economics.

«A cela s'ajoutent des informations tout à fait plausibles selon lesquelles les pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Qatar, Emirats arabes unis et Oman) vendraient leurs réserves d'or pour accroître leurs liquidités, alors que le conflit pèse sur leurs flux de trésorerie liées à l'énergie», a complété Tony Sycamore d'IG dans un commentaire, après que l'or a clôturé la semaine dernière sur sa huitième semaine de recul (à 4497 dollars, soit une baisse de 3,29%).

Pas de signe d'apaisement en vue

Les experts de Trading Economics ne voient pas de signe d'apaisement sur le front avec les menaces de Donald Trump. Ils ajoutent que la semaine passée déjà, l'or a perdu plus de 10%, quand la flambée des prix du pétrole alimente les craintes d'une reprise du renchérissement. Ce qui pousse de plus en plus les courtiers à parier sur une éventuelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine autour de la fin de l'année, dans un contexte de crainte d'inflation persistante. Ses homologues européenne, japonaise et anglaise ont laissé leurs taux inchangés, mais se sont dites prêtes à resserrer leur politique monétaire si la hausse des prix se poursuit.

La Banque nationale suisse (BNS) a elle aussi choisi le statu quo tout en relevant sa prévision d'inflation pour 2026 à 0,5%, contre 0,3% jusqu'ici, restant dans la cible de 0% à 2%.

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