Les cours du pétrole hésitent mardi dans l'attente de détails sur l'accord entre Iran et Etats-Unis pour mettre fin à leur conflit, tandis que la Bourse de Tokyo se hisse à un nouveau record, toujours portée par le boom mondial des valeurs tech.
Le pétrole piétine, prudence de mise
Vers 04H00 GMT, le baril de WTI nord-américain cédait 0,14% à 80,64 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, référence mondiale, abandonnait 0,26% à 82,95 dollars.
Les cours faisaient du yo-yo dans un marché nerveux. Certes, Donald Trump a affirmé lundi que le détroit d'Ormuz serait «complètement ouvert» vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
L'annonce de cet accord avait fait plonger les cours du pétrole de presque 5% lundi. «Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit», s'est réjoui le président américain sur son réseau Truth Social.
Pour autant, «des obstacles sont probables» avant la concrétisation d'un accord global, «et il faudra du temps pour que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz retrouve des niveaux proches de ceux d'avant le conflit», avertissent les experts du cabinet Oxford Economics.
En effet, «l'annonce d'un accord réduit le risque extrême qu'une baisse des stocks de pétrole ne provoque une flambée des prix du brut», mais «les derniers développements n'impliquent pas nécessairement une accélération de la hausse des volumes de pétrole transitant par Ormuz au cours des prochains mois», insistent-il.
Au-delà des opérations de déminage, le redémarrage des sites de production d'hydrocarbures dans la région, dont beaucoup ont été endommagés par le conflit, peut prendre du temps.
«Nous ne pensons pas vraiment qu'il suffira d'ouvrir les vannes pour retrouver, en quelques semaines ou un mois, la situation qui prévalait avant le conflit. Cela prendra plus de temps», confirme Kyle Bertimini, du cabinet Enverus.
Record à la Bourse de Tokyo
Les Bourses asiatiques connaissent mardi des sorts contrastés, reprenant leur souffle après s'être envolées lundi dans la foulée de l'accord Iran/Etats-Unis et du plongeon des cours énergétiques.
Vers 04H00 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice-star Nikkei gagnait 0,64% à 69.769 points, après s'être brièvement hissé au-dessus de la barre des 70.000 points pour la première fois de son histoire. Un nouveau sommet, à l'heure où le marché japonais vole de record en record à l'unisson de Wall Street et de la Bourse de Séoul sur fond d'envolée des valeurs technologiques nourrie par le boom mondial de l'intelligence artificielle.
A Séoul, l'indice Kospi gagnait 2,09%, après avoir déjà bondi d'environ 5% la veille. La Bourse de Taipei prenait 0,55%. A l'inverse, Sydney lâchait 0,30% et l'indice hongkongais Hang Seng reculait de 1,22%.
«Dans l'ensemble, les marchés semblent s'orienter vers un retour à la moyenne suite à l'annonce de l'accord, bien que des incertitudes subsistent quant aux détails des négociations», juge Michael Wan, de la banque MUFG.
Par ailleurs, si la forte hausse de Wall Street lundi contribue à soutenir le marché tokyoïte, ce dernier «avait déjà anticipé ce mouvement, et comme les détails de l'accord (sur le Moyen-Orient) restent incertains, cela limite les nouvelles opportunités d'achat» et pourrait favoriser les prises de bénéfices, tempère Tokai Tokyo Intelligence.
Pression sur la dette nippone
«L'actualité des marchés est également dominée par une série de réunions des banques centrales cette semaine», à commencer par la Banque du Japon (BoJ), ajoute M. Wan.
L'institution a relevé mardi son taux directeur à 1%, au plus haut depuis 1995, pour contrer l'affaiblissement du yen et l'inflation exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. La décision, largement attendue, n'a guère fait bouger la devise japonaise, stable vers 04H00 GMT à 160,22 yens pour un dollar.
A l'inverse, le rendement des obligations japonaises à 10 et 30 ans a grimpé dans le sillage du durcissement monétaire de la banque centrale qui renchérit les coûts d'emprunt.
Les yeux se tournent désormais vers la Réserve fédérale américaine (Fed), qui se réunit mardi et mercredi pour la première fois sous la présidence de Kevin Warsh, un moment très attendu par les marchés.