Il y a quatre ans, Elena Rybakina s'annonçait comme la grande rivale à venir d'Aryna Sabalenka. Mais la Kazakhe a connu un long trou d'air, repoussant ce duel attendu. La finale de l'Open d'Australie samedi constitue une occasion de rattraper le temps perdu. En remportant Wimbledon en 2022 à l'âge de 23 ans, Elena Rybakina avait frappé la première. Aryna Sabalenka avait répliqué en battant la Kazakhe en finale à Melbourne l'année suivante. Mais depuis, il n'y a plus eu de duels entre elles en Grand Chelem et, tandis que Sabalenka s'établissait fermement au sommet de la hiérarchie mondiale, Rybakina perdait pied.
Depuis sa finale australienne, elle n'a plus disputé qu'une demi-finale en Majeur, à Wimbledon en 2024 et a reculé de la 3e place mondiale à la 13e. L'attention publique attirée sur elle par une enquête de la WTA concernant ses relations jugées nocives avec son entraîneur Stefano Vukov, ne l'ont pas aidée. Elle n'a jamais dénoncé ces relations mais le coach a été suspendu en janvier 2025. Durant ce temps, Sabalenka s'imposait de nouveau à l'Open d'Australie l'année suivante, puis atteignait la finale en 2025, et remportait les US Open 2024 et 2025.
Mais depuis le dernier Wimbledon, Rybakina a retrouvé son tennis, son service, sa puissance et la voie du succès. Comme par hasard, Vukov est de retour dans son box depuis six mois et la joueuse s'en félicite. «Il m'aide énormément parce que, évidemment, c'est lui qui me connaît le mieux. Ses conseils sur le court durant les matchs font sans aucun doute a différence», affirmait encore Rybakina juste après la fin très tendue de sa demie à Melbourne contre Jessica Pegula.
«Mon tennis va bien»
Depuis Wimbledon en juillet, c'est elle qui a remporté le plus de matchs sur le circuit (36 avant la finale de samedi) en s'imposant au passage à Ningbo et surtout au Masters WTA de fin d'année avec une victoire finale en deux sets contre Sabalenka. Côté jeu, ce sera du lourd samedi. Des frappes et des cris. Aucune des deux n'a concédé le moindre set en six matchs pour se hisser en finale. Comme souvent, la clé pour Rybakina sera son service. Elle détient le record d'aces sur l'ensemble de la saison 2025 (516 soit 143 de plus que la deuxième, Linda Noskova) et sur l'Open d'Australie cette année (41 avant la finale, soit 19 de plus que Sabalenka).
Mais la Kazakhe, qui reste adepte d'une filière la plus courte possible, a néanmoins su donner de l'ampleur à son jeu ces derniers mois. Elle a démontré en quarts de finale contre Iga Swiatek et en demi-finales face à Jessica Pegula qu'elle ne rechignait plus à jouer de longs échanges ni même, à l'occasion, à monter à la volée. Ce qui lui donne un peu de confiance supplémentaire en vue de la finale: «j'espère que mon service va m'aider, mais même s'il ne le fait pas, je ferai de mon mieux pour trouver la solution», affirme-t-elle.
Aryna Sabalenka n'est pas en reste côté puissance, comme l'ont démontré ses 29 coups gagnants en demi-finale contre Elina Svitolina ou ses 172 sur l'ensemble du tournoi. «Mon tennis va bien, je sens que tout ce que j'ai travaillé à l'inter-saisons fonctionne», souligne le no 1 mondial. Et elle a tiré «beaucoup de leçons» des finales perdues l'an dernier en Australie et à Roland-Garros. «Ce qui est sûr, c'est que ça ne se reproduira pas cette saison», lance-t-elle en évoquant une «frustration» qui, assure-t-elle, ne la paralysera plus.
Côté mental, les deux ont énormément progressé à une différence près: Sabalenka respire la joie de vivre quand Rybakina, plus fade sur le terrain, n'exprime que très peu de choses. «Je peux être amusante en dehors des courts», assure-t-elle toutefois. Victoire ou défaite, la Kazakhe remontera au 3e rang de la WTA lundi. Cela vaut bien déjà un petit sourire.