Avant même les finales de ce week-end à Lillehammer, Marco Odermatt peut déjà se réjouir d’un nouvel hiver extrêmement réussi. En plus de ses trois médailles olympiques, il a remporté pour la quatrième fois consécutive au moins trois globes (classement général, descente et super-G). Et un autre pourrait suivre en géant.
En 2023 déjà, la superstar suisse avait remporté le classement du super-G… et fêté de manière plutôt originale, au point de démoraliser son rival Henrik Kristoffersen. «Après ma victoire au classement général du super-G, mon sponsor Red Bull a organisé une fête à Andorre, à laquelle Henrik était aussi invité», raconte le Nidwaldien. «À un moment donné, j’ai eu l’idée de remplir de champagne l’intérieur creux du globe. Par courtoisie, j’ai proposé à Henrik d’en boire une gorgée. Il a refusé, alors que moi, j’en ai pris plusieurs ce soir-là. C’est sans doute pour ça qu’il pensait que je ne pourrais pas gagner le géant deux jours plus tard. Il était abattu quand je lui ai mis deux secondes.»
En parlant d’abattement, «Odi» lui-même a connu une mésaventure. Lors des finales à Sun Valley, le socle de son globe s’est brisé pendant les célébrations. Il a pris la chose avec humour et a offert les morceaux à ses coéquipiers.
Le globe de Paul Accola volé au bar
Alors que Marco Odermatt expose ses trophées dans sa chambre d'enfant, Paul Accola a confié le gros globe qu'il avait remporté en 1992 au tenancier de l'hôtel Crystal de Davos. Jusqu'au 12 avril 2011, le trophée a brillé de mille feux dans le bar de l'hôtel. Mais un voleur s'est introduit dans l'établissement trois étoiles. «Lorsque j'ai fermé le bar, à minuit, le globe était encore là. Mais le lendemain matin, il avait disparu. J'ai immédiatement alerté la police, qui n'a toutefois pas pu découvrir la moindre trace», a déclaré le restaurateur de l'époque, Franz Wallner.
Bien entendu, Franz Wallner a voulu demander à la FIS la fabrication d'un nouveau globe. Mais Paul Accola ne s'est pas montré intéressé par une copie: «J'ai les souvenirs du gros globe dans ma tête, personne ne peut me les voler». La FIS a tout de même remis à l'ex-skieur un globe de remplacement. Celui-ci se trouve aujourd'hui dans une vitrine du musée des sports d'hiver de Davos.
Bode Miller, tête en l'air
Les souffleurs de verre ont également dû faire des heures supplémentaires pour Bode Miller. Après avoir remporté le classement général de la Coupe du monde en 2005, le hippie du ski américain n'a pas pris soin de ranger son gros globe de douze kilos dans sa valise avant de rentrer chez lui.
Et à l'arrivée, Bode Miller a découvert un tas de débris après avoir récupéré ses bagages. Deux ans auparavant, le génie du ski américain avait déjà dû supplier la FIS de lui en faire des copie. Après les championnats du monde de 2003, Bode Miller avait oublié l'une de ses deux médailles d'or dans des toilettes.
Pirmin Zurbriggen emprunte un globe à son rival de toujours
Les globes de cristal ont eu une influence toute particulière sur les relations humaines entre Pirmin Zurbriggen et Marc Girardelli. Le Valaisan et l'Autrichien – qui skiait pour le Luxembourg – se sont livrés à de nombreux duels acharnés pour la victoire au classement général de la Coupe du monde. Pendant longtemps, leur relation a été conflictuelle, même en dehors des pistes. À l'été 1987, Pirmin Zurbriggen, quadruple vainqueur du classement général de la Coupe du monde, s'est tout de même rendu dans le Vorarlberg, accompagné de sa compagne, à l'hôtel de Marc Girardelli, quintuple vainqueur du classement général.
«Gira» se met à rire de bon cœur lorsqu'il repense à cette journée: «Au début, je me suis senti totalement honoré lorsque la famille Zurbriggen s'est présentée chez moi pour le déjeuner. C'est au dessert que j'ai appris la véritable raison de cette visite surprise: Pirmin avait une séance photo chez son fournisseur d'alors, l'entreprise de ski Kästle, dans le Vorarlberg. Et comme il avait oublié son gros globe de cristal en Valais, il a dû m'en emprunter un pour cette séance photo.» Depuis ce jour, les ennemis intimes d'autrefois ont pu vraiment s'apprécier.