Sous un ciel plombé dans la station grisonne de Bivio, balayée par une neige lourde et poussée par le vent, beaucoup de skieurs auraient préféré rester à l’abri. C’est pourtant dans ces conditions peu engageantes que le premier «Beat Feuz Speedcamp» a été lancé dimanche. Pour l’occasion, les remontées mécaniques de la station grisonne ont même été remises en service après la fin officielle de la saison.
Objectif de ce camp de trois jours: permettre à 18 jeunes talents suisses (14 à 17 ans), tous équipés comme Beat Feuz chez Head, de se familiariser avec les «longues lattes» et de développer les bases nécessaires pour, un jour, marcher dans les traces du champion de descente.
Pour les encadrer, ils ne sont pas seuls: outre «Kugelblitz» lui-même, le champion olympique de combiné Sandro Viletta et l’ancien descendeur Ralph Weber sont également présents au bord de la piste. Trois spécialistes de la vitesse qui savent parfaitement de quoi ils parlent.
De la retenue à l’enthousiasme
Au départ, une certaine retenue se fait sentir chez ces jeunes confrontés pour la première fois à de telles références. Mais très vite, au fil des descentes, les visages se détendent. La confiance s’installe, l’enthousiasme aussi. «Après deux ou trois runs, ils disaient déjà en bas que c’était fun», sourit Beat Feuz.
Et c’est bien là l’essentiel. «Ce n’est pas la vitesse qui compte aujourd’hui, explique-t-il. Ils doivent comprendre qu’en super-G et en descente, on ne ferme pas les virages comme en technique. Il faut développer un ressenti, apprendre que la position la plus basse n’est pas toujours la meilleure.»
Apprendre un autre ski
La transition n’a rien d’évident. Les skis de super-G imposent un style totalement différent de celui du slalom ou du géant, auxquels les jeunes sont habitués. Malgré des conditions difficiles et des gants détrempés, les répétitions s’enchaînent: départs, trajectoires, premiers sauts,
En dehors de la piste aussi, tout est structuré comme chez les pros. Après les runs, place à la préparation physique sous la houlette du fidèle physiothérapeute de Beat Feuz, René van Engelen, puis à l’apprentissage du fartage pour obtenir un ski réellement performant.
Un Beat Feuz déjà très à l’aise
Dans ce nouveau rôle, Beat Feuz semble comme un poisson dans l’eau. À 39 ans, l’ancien champion affiche une approche détendue, presque naturelle. «Le premier jour, je ne suis pas encore un entraîneur sévère», glisse-t-il avec le sourire.
Mais il n’est pas dupe pour autant. «Deux d’entre eux viennent de remporter des courses importantes dans leur catégorie. Le potentiel est là», observe-t-il.
Reste désormais à voir si, parmi ces jeunes, se cache une future star de la Coupe du monde. Une chose est sûre: avec Feuz, Viletta et Weber à leurs côtés, ils sont déjà sur la bonne voie.