«Un événement historique»
Tout Châtel-Saint-Denis réuni pour soutenir Alexis Monney

Près de 300 personnes se sont retrouvées autour d'un grand écran pour vivre la descente olympique. Dans l'espoir de voir l'enfant du village, Alexis Monney, décrocher une médaille olympique.
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Les fans d'Alexis Monney se sont réunis à Châtel-Saint-Denis pour soutenir leur chouchou.
Photo: Thomas Freiburghaus
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

Un grand écran, deux food trucks (pizza ou smash burger, au choix) et un bar jaune, Cardinal, au centre. La commune de Châtel-Saint-Denis avait mobilisé l’essentiel pour permettre à ses habitants de suivre la descente olympique, ensemble. Tout un village espérait la médaille de son héros local: Alexis Monney.

Les membre du fan's club Alexis Monney ont tenu la buvette, dossard sur le dos.
Photo: Thomas Freiburghaus

Un peu avant 11h, une poignée de badauds étaient déjà là pour descendre les premiers gobelets de bières et les premières bouteilles de blanc. Sur la friche entre l’ancienne gare et le dépôt des transports publics fribourgeois, on se croise, on se (re)connaît, on se fait la bise. Celui sorti promener son chien s’arrête un instant, repart, et promet de revenir pour la course. Derrière le bar, les membres du fan’s club Alexis Monney s’activent, dossards à l’effigie de leur star sur le dos.

«Tout petit, c'était déjà un casse-cou»

Christophe est l’un des rares membres du comité du fan’s club à ne pas avoir pu faire le déplacement à Bormio. À la place, il distribue des petits drapeaux avec le logo du groupe à Châtel-Saint-Denis. «C’est un événement qu’on n’a jamais vécu. Et j’espère qu’on le revivra avec Alexis quelques fois, commence-t-il. C’est exceptionnel d’avoir un athlète du coin aux JO. C’est un événement historique pour Châtel!»

«Tout petit, c'était déjà un casse-cou», raconte Christophe, membre du comité de son fan's club.
Photo: Thomas Freiburghaus

D’autant qu’Alexis Monney, l’enfant du village, peut briguer la médaille sur la Stelvio, lors de l’épreuve reine de ces JO. Un rêve pour chaque Châtelois présent ici, qui ont tous une anecdote sur le héros local. «Personnellement, je l’ai eu tout petit, au Ski-Club. Tout petit, c’était déjà un casse-cou. Il avait trois ans, allait déjà dans les piquets, à fond la caisse. Il skiait déjà exceptionnellement bien», raconte Christophe, entre émotion et stress.

300 personnes réunies

La foule continue à affluer, coiffée de bobs, casquettes ou bonnets à l’effigie d’Alexis Monney. L’enfant du coin est devenu l’idole des jeunes. Zoé, 8 ans, et sa sœur Lia, 5 ans, sont venues encourager leur champion local. Elles viennent du village, «juste en haut», renseigne l’aînée avec un mouvement de bras. Mais qui est Alexis Monney, pour elle? «Alexis Monney… c’est un skieur. Un ami de ma maîtresse. Il habite ici, j’aimerais bien le voir», commence Zoé. La toute jeune Châteloise va «bouger le drapeau» pour l’encourager lors de cette descente olympique. «Comme devant la télé avec papa», renseigne la maman des deux filles. En espérant «qu’il nous rapporte une médaille», conclut Zoé.

Zoé et Lia, enfants du village, comme Alexis Monney.
Photo: Thomas Freiburghaus

Jusqu’à 11h30, heure du premier départ, les gens continuent d’affluer. «Ça se remplit», sourit Christophe en nous recroisant. Il y aurait «en tout cas 200-300 personnes», d’après les estimations du comité. La pression monte. Sur le grand écran, la RTS passe des qualifications du slopestyle à la descente de ski alpin. En ski freestyle, la Fribourgeoise Mathilde Gremaud mène le bal. De bon augure pour Alexis Monney?

Alexis Monney prend la tête!

Le voilà d’ailleurs qui apparaît sur l’écran géant. Petits hourras timides, tendus, dans son village. La course commence. Et Alexis Monney est vite dans le portillon de départ, avec son dossard No 6. La foule châteloise l’encourage comme il se doit, réagit à chaque mouvement de terrain, retient son souffle à chaque saut. Un peu de déception quand il pointe à près d’une demi-seconde du leader provisoire. Et explosion de joie sur la ligne d’arrivée. Le skieur de Châtel-Saint-Denis est en tête de la descente olympique!

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Châtel-Saint-Denis:Descente olympique Alexis Monney

Une joie intense, mais de courte durée. Marco Odermatt, dossard No 7, lui chipe la première place pour cinq centièmes. Applaudissements fair-play. Ceux-ci se font plus intenses pour Franjo von Allmen. Le deuxième chien fou jouit d’une belle côte de popularité du côté de Châtel-Saint-Denis. La course du Bernois est absolument magistrale et permet même d'un peu oublier l’occasion manquée par le vrai chouchou du public.

«Pour Alexis, c’est une petite déception, reconnaît Kevin, venu du Valais pour accompagner un collègue membre du fan’s club. Mais d’une manière générale, c’est une médaille d’or suisse.» Portant fièrement la chemise edelweiss, le jeune homme profite du soleil, bière à la main. «C’est très Suisse, il fait beau, c’est convivial», termine celui qui porte une écharpe aux couleurs nationales autour du cou. L’après-midi se conclut sur le Cantique Suisse et les applaudissements nourris pour féliciter Franjo von Allmen. Une bien belle consolation.

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