Son propre frère choqué
L'annonce de la retraite de Niels Hintermann a surpris tout le monde

En 2022, le triple champion olympique autrichien Matthias Mayer s'était retiré à la surprise générale à Bormio. Le skieurs suisse Niels Hintermann a fait de même à Courchevel.
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Lors de la reconnaissance du parcours, personne ne savait ce que Niels Hintermann (au centre) prévoyait.
Photo: BENJAMIN SOLAND
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Marcel W. Perren

Moment de flottement. Perplexité collective lors de la descente de Courchevel. La raison? Le Zurichois Niels Hintermann, dossard No 20, n'est pas au départ. «Que se passe-t-il?», se demande l'ancien vainqueur de Kitzbühel Hans Knauss.

«Lors de la reconnaissance des pistes, nous avons trouvé Niels de très bonne humeur. Il n'a jamais qu'il ne se sentait pas bien», ajoute-t-il. Mais peu après la course, Niels Hintermann lâche une bombe: «J'en ai fini avec le ski. La descente de Crans-Montana était ma dernière course!» Pourquoi cette décision soudaine? «Je ne suis plus prêt à risquer ma vie en tant que skieur», avoue le trentenaire.

Justin Murisier n'en savait rien

Après son cancer des ganglions lymphatiques l'année précédente, il s'est vu offrir une deuxième vie grâce au succès de ses thérapies, «et ne [veut] pas la prendre à la légère». Niels Hintermann explique aussi que ces dernières semaines, il a senti qu'il ne pouvait plus se résoudre à mettre les gaz sur les pistes de descente. «Et quand on n'accélère pas à fond, ça devient dangereux. Je ne veux pas m'arrêter parce que je suis dans un filet de sécurité». Niels Hintermann révèle aussi avoir eu des crises de panique à Garmisch.

Justin Murisier est depuis quelques années l'un des principaux interlocuteurs de Niels Hintermann au sein de l'équipe. Mais le Valaisan n'était pas non plus au courant des projets de retraite de son compère zurichois. «C'est pourquoi j'ai été vraiment choqué lorsque j'ai appris la nouvelle après la course», déclare-t-il. Justin Murisier se souvient de la veille avec Niels Hintermann: «Il parlait encore des tests de ski prévus et était très engagé dans la discussion sur les nouvelles combinaisons de course résistantes aux coupures. Il ne me serait donc jamais venu à l'idée que Niels était sur le point de se retirer.»

Son propre frère non plus

Lorsque le frère de Niels Hintermann, Sven, de trois ans son aîné, a allumé la télévision vendredi à 11h, pour la retransmission de la descente de Courchevel, il ne savait pas non plus que son petit frère ne participerait plus jamais à une course de Coupe du monde. «Il ne m'a informé de sa retraite que peu de temps avant son interview à la SRF», raconte Sven Hintermann.

Mais contrairement à Justin Murisier, cette nouvelle n'est pas tout à fait inattendue pour son grand frère: «Bien qu'il ne m'en ait pas parlé, j'ai senti, après son renoncement à prendre le départ de la course à Garmisch, qu'il avait perdu sa conviction pour la descente». Sven ne pense donc pas que cette retraite est une décision prise à la va-vite: «Niels n'a jamais pris les décisions vraiment importantes dans la précipitation.»

Niels Hintermann restera donc dans l'histoire du ski comme le Zurichois le plus rapide depuis le légendaire Peter Müller (champion du monde de descente en 1987). Avant le diagnostic de son cancer, le spécialiste de la vitesse, qui a grandi à Bülach, avait remporté le combiné du Lauberhorn et deux descentes de Coupe du monde à Kitzbühel. Après la chimiothérapie et la radiothérapie, Niels Hintermann a livré cet hiver un résultat aussi précieux qu'une victoire en terminant sixième de la fameuse descente du Hahnenkamm.

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