«Plus dur que sur la neige»
Ce tapis est la nouvelle arme de la relève du ski suisse

Skier en plein été, au cœur d'une zone industrielle glaronnaise? C'est le pari de la société Motrain, qui mise sur un tapis synthétique pour perfectionner la technique des jeunes skieurs suisses.
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Ce grand tapis a pour but d'aider la relève du ski suisse.
Photo: zVg Motrain AG
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Benjamin Gwerder

Impossible de trouver une ambiance hivernale à Ennenda, dans le canton de Glaris, en ce moment. Dans la vallée de la Linth, la chaleur estivale s'accumule entre les parois rocheuses. Pourtant, au cœur d'une zone industrielle, juste à côté de la voie ferrée, on y skie. Cela est rendu possible grâce à un immense tapis rotatif recouvert de fibres synthétiques, constamment humidifié par de l'eau.

À l'origine de cette installation insolite se trouve Motrain AG, une société fondée par six passionnés de ski, parmi lesquels l'ancien skieur de Coupe du monde Jürg Grünenfelder. En quelques mois seulement, ils ont transformé leur idée en réalité. La machine a été commandée peu avant Noël, avant une inauguration en juin. Leur objectif: soutenir la relève suisse et permettre aux enfants et aux jeunes de s'entraîner même en été, malgré des glaciers toujours plus petits.

«Plus exigeant que sur la neige»

Mais que vaut réellement le ski sur ce tapis? Le jeune espoir schwytzois Sandro Manser l'a testé pour Blick. Le verdict du double vice-champion du monde junior de super-G est sans appel: «Skier sur ce tapis est plus difficile que sur la neige. Il faut être concentré en permanence, sinon on finit sur le ventre. Impossible de simplement descendre tout droit en profitant du paysage».

Une concentration totale : le tapis de ski ne tolère pratiquement aucune erreur technique.
Photo: Benjamin Gwerder

Le journaliste de Blick le constate lui aussi dès son premier essai. Cette expérience n'a rien à voir avec une descente tranquille sur une piste. Le tapis tourne sans interruption, ce qui signifie qu'il n'y a aucune pause possible contrairement à une piste classique.

Sans surprise, quelques minutes suffisent pour mettre à rude épreuve même le corps parfaitement entraîné de Manser. Son T-shirt est rapidement trempé. Allongé au sol, épuisé, le skieur de 20 ans le confirme: «C'est clairement plus fatigant que sur la neige».

Les stages sur glacier pourraient devenir inutiles

Selon Sandro Manser, ce tapis est particulièrement adapté au travail de la technique de base, que les spécialistes de vitesse comme ceux des disciplines techniques doivent maîtriser à la perfection, précisément parce qu'il ne pardonne quasiment aucune erreur.

Il explique également que cette machine permet de répéter jusqu'à la perfection les mouvements, le travail des genoux et des pieds, ainsi que les virages courts. Pour lui, son utilité est donc évidente. «Les premiers stages sur glacier en août, où nous travaillons uniquement la technique et les virages courts, pourraient sans problème être organisés ici plutôt qu'à Saas-Fee ou à Zermatt», estime Manser, qui disputera cet hiver ses premières épreuves de Coupe du monde.

Des enterrements de vie de garçon pour réduire les coûts de la relève

Le tapis n'a toutefois pas vocation à remplacer la neige. «Ce n'est pas un substitut, mais avant tout un complément», explique Jürg Grünenfelder. «L'instinct du ski s'acquiert toujours sur la neige.» Il voit toutefois un grand potentiel dans cette installation pour le travail de la technique de base et la préparation aux premiers entraînements sur neige.

C'est pourquoi l'offre ne s'adresse pas uniquement aux jeunes compétiteurs ambitieux. Des clubs, des écoles, des entreprises et des amateurs peuvent également réserver l'installation, «et même pour des enterrements de vie de garçon si on le souhaite», précise Grünenfelder. Plus la salle sera utilisée, plus il sera possible, à long terme, de réduire les coûts pour la relève du ski.

Un objectif loin d'être simple, car le projet n'a pas été bon marché: la machine à elle seule a coûté environ 400'000 francs.


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