«J'ai pris beaucoup de plaisir à skier aujourd'hui.» Il suffit d'observer la descente déchaînée à Soldeu de Corinne Suter, en Andorre, pour comprendre que la championne olympique de descente 2022 est de retour là où elle doit être: au sommet.
Dans les Pyrénées, la Schwytzoise renoue avec la victoire en descente après plus de quatre ans d'attente. Entre son succès à Garmisch-Partenkirchen et ce quatrième triomphe en descente à Soldeu, elle n'avait remporté qu'une seule course, un super-G à Lake Louise en décembre 2022. Le soulagement est donc immense. «C'est méga beau et c'est un pas énorme. Mais à l'arrivée, le plus important pour moi était de savoir que j'en étais capable», confie Corinne Suter au micro de la SFR.
Commotion cérébrale et rupture des ligaments croisés
La skieuse la plus rapide de la saison 2019/20 n'a pas été épargnée ces dernières années. En janvier 2023, à Cortina, elle a été victime d’une commotion cérébrale. Quelques semaines plus tard, elle décroche tout de même la médaille de bronze aux Championnats du monde.
Un an plus tard, la station italienne redevient le théâtre de son destin, cette fois avec des conséquences bien plus lourdes. Victime d'une violente chute, elle se rompt le ligament croisé du genou gauche et doit mettre un terme à sa saison. S'ensuivent une longue période de rééducation et un exercice 2024/25 compliqué, malgré deux podiums – dont un, symbole fort, à Cortina.
Alors qu'elle prépare le début de l'hiver suivant, un nouvel incident vient freiner son élan: une chute à l'entraînement début décembre à Saint-Moritz. Elle ne peut reprendre la compétition que tardivement et les Jeux olympiques arrivent trop tôt pour qu'elle puisse réellement se mêler à la lutte pour les médailles.
«Il y a eu plein de jours où j'ai douté»
Quelques jours plus tard pourtant, tout s'éclaire en Coupe du monde. A Soldeu, les signaux étaient encourageants avec une deuxième et une septième places à l'entraînement. De quoi nourrir aussi une certaine tension. «J'ai été deux fois devant, ce qui n'est pas vraiment le cas habituellement. J'étais un peu tendue», reconnaît-elle.
Sa recette face à la nervosité? Se recentrer. «J'ai essayé de me focaliser sur moi-même.» Elle n'a pas regardé les concurrentes avant elle et s'est concentrée uniquement sur sa propre performance – avec réussite. Le soulagement se lit sur son visage. «Il y a eu plein de jours où j'ai douté.» Dans ces moments-là, elle a pu compter sur ses proches: «Quand je n’avais plus confiance en moi, mon entourage continuait d'y croire.»
Corinne Suter relance l'équipe suisse
Cette victoire ne fait pas que du bien à Corinne Suter. Elle soulage également l'équipe suisse de vitesse, qui décroche enfin son premier podium en descente. Lara Gut-Behrami, Michelle Gisin et Jasmine Flury, habituellement pourvoyeuses régulières de points et de podiums, ont été freinées par des blessures, privant la Suisse de précieux résultats. «Beaucoup de choses se sont enchaînées», analyse Corinne Suter, qui relativise toutefois: «Si l'on enlève les trois meilleures skieuses dans les autres nations, la situation est la même.»
Chez les Suissesses, elle s'affirme désormais comme l'une des leaders aux côtés de Malorie Blanc. Après la victoire de cette dernière en super-G à Crans-Montana, Corinne Suter a, elle aussi, débloqué son compteur cet hiver. «Malorie skie extrêmement fort. Je suis contente de l'avoir dans mon équipe. Elle apporte beaucoup d'élan et de dynamisme, nous pouvons nous pousser mutuellement.» Si Malorie Blanc doit encore engranger de l'expérience, Corinne Suter en est convaincue: «Une période très cool s'annonce pour nous.»