Daniel Yule va-t-il ranger ses lattes? L'interrogation a été de mise lorsque le Valaisan de 32 ans a déclaré: «Je devrais peut-être demander à des enfants de peindre mon casque pour ma course d'adieu.» Il était appelé à s'exprimer à propos de son ami Justin Murisier qui fait décorer son casque par des jeunes en vue des courses du Lauberhorn. La course d'adieu de Daniel Yule, vraiment?
«Pas encore», a confié à Blick le spécialiste du virage court. «Je trouve que la vie d'un skieur alpin est tellement cool. Mais bien sûr, uniquement si l'on est performant.» Seulement voilà, le début d'hiver du natif d'Orsières est loin d'être à la hauteur de ses attentes. Lors des quatre premiers slaloms de l'hiver, Daniel Yule ne s'est classé qu'une seule fois dans le top 15, avec un 11e rang à Gurgl (Autriche). Ses autres résultats? 22e à Levi (Finlande), 21e à Val-d'Isère (France) et 26e à Alta Badia (Italie). Décevant pour celui qui compte sept victoires en Coupe du monde.
Changement de marque de skis
Pourtant, Daniel Yule avait fait preuve d'un grand optimisme au printemps dernier lorsqu'il a changé de marque de skis, passant de Fischer à Atomic. Ce qui pourrait être une partie du problème: les skis Atomic réagissent très différemment de ceux de Fischer. Plusieurs entraîneurs de Swiss-Ski affirment que Daniel Yule a skié de manière trop «Fischer» avec ses nouvelles lattes.
Christian Höflehner, directeur de course chez Atomic, acquiesce: «Je donne raison aux entraîneurs suisses à ce sujet. Mais je dois également souligner que nous ne disposons pas des réglages adaptés à toutes les conditions. Au vu des récentes performances à l'entraînement, je suis toutefois convaincu que Daniel nous procurera bientôt beaucoup de joie.» Dès ce mercredi lors du slalom de Madonna di Campiglio (première manche à 18h)?
Le patron du slalom de Swiss-Ski, Matteo Joris, confirme que Daniel Yule est sur la pente ascendante. «Daniel a négocié certaines portes avec brio, a-t-il déclaré à l'issue de la première journée d'entraînement sur la piste superbement préparée de Pozza di Fassa. Je suis très optimiste quant à ses performances lors des prochaines compétitions.»
De bons souvenirs
Le Valaisan sait qu'il doit faire preuve de patience. «Comme j'ai passé 19 ans à glisser avec Fischer, c'est normal qu'il me faille un temps d'adaptation avec le nouveau matériel», affirme-t-il, tout en reconnaissant qu'il se sent de plus en plus à l'aise avec ses nouvelles spatules. Le slalom de Madonna di Campiglio est une belle occasion pour lui de confirmer ses progrès en course.
Cette piste lui rappelle de bons souvenirs. Daniel Yule y a remporté trois slaloms, en 2018, 2020 et 2022. Seule la légende suédoise Ingemar Stenmark (86 victoires en Coupe du monde) a fait mieux, triomphant à cinq reprises dans les Dolomites.
«La piste comporte de nombreuses transitions qui me conviennent très bien, explique le skieur de La Fouly. Et comme ce slalom commence toujours dans l'obscurité, on bénéficie toujours d'une très bonne visibilité du sol grâce à l'éclairage. Contrairement à d'autres athlètes, je n'aime pas quand les passages clés sont dans l'ombre.» En outre, Daniel Yule apprécie les pistes dures et bien damées, ce qui n'a pas vraiment été le cas jusqu'à présent, avec de la neige souvent molle. Vu le froid de ces derniers jours, il devrait être ravi.
«Beaucoup trop long»
Une chose inquiète toutefois Daniel Yule. A Madonna di Campiglio – comme lors de toutes les autres étapes de slalom de la Coupe du monde – le nombre de concurrents est très élevé. «Avoir 80 skieurs au départ, cela n'a absolument aucun sens. Plus de la moitié d'entre eux rentrent bredouilles. Après tout, seuls les points comptent en Coupe du monde.»
De nombreux skieurs vont passer inaperçus car la plupart des chaînes de télévision interrompent la retransmission de la première manche après le passage du dossard No 30. «La plupart de ces coureurs ne rendent pas service à leurs sponsors non plus», affirme Daniel Yule. Le Valaisan propose donc de réduire le nombre de participants aux épreuves de Coupe du monde à 45. «Ainsi, nous pourrions organiser les courses beaucoup plus efficacement. Actuellement, il faut trois heures entre le début de la première manche et celui de la seconde. C'est beaucoup trop long.»