Dans son élément, le ski alpin, Franjo von Allmen (24 ans) ne passe généralement pas plus de deux minutes trente sur une piste. Mais cet été, le champion olympique bernois s'est lancé dans un défi d'une tout autre dimension.
Dimanche, il a passé près de quatre heures sur sa moto lors du mythique Erzbergrodeo, à Eisenerz, en Autriche. Au final, il se classe au 264e rang.
L'Erzbergrodeo est considéré comme l'une des courses d'enduro extrême les plus difficiles au monde. Particularité de l'événement: les meilleurs pilotes professionnels et des centaines d'amateurs prennent le départ ensemble.
Les chiffres donnent le vertige. Depuis la création de l'épreuve il y a trente ans, seuls 1,73% des participants sont parvenus à rallier l'arrivée. Cette année encore, seuls 15 pilotes sur les 500 qualifiés ont bouclé l'intégralité du parcours.
Dix checkpoints franchis
Samedi, Franjo von Allmen avait décroché son billet pour la finale en se classant parmi les 500 pilotes les plus rapides des qualifications.
Le lendemain, le spécialiste de la vitesse a rapidement compris pourquoi cette course jouit d'une réputation aussi redoutable.
Entre montées quasi verticales, champs de rochers et passages extrêmement techniques, chaque mètre gagné relève parfois de l'exploit. Dans certains secteurs, avancer au pas représente déjà une victoire.
Au terme de quatre heures d'efforts, le Bernois est parvenu à franchir dix des vingt-sept checkpoints du parcours.
Son ami Kevin Wälti, avec qui il partage régulièrement ses aventures à moto, a lui aussi longtemps résisté. Il a roulé dans les mêmes zones que Von Allmen avant de devoir renoncer avant le dixième point de contrôle.
«C'était un rêve pour moi»
Partenaire principal de l'événement, Red Bull a également mis en avant la présence du champion olympique dans son livestream. Franjo von Allmen n'a pas caché son enthousiasme.
«Participer à cette course était un rêve depuis longtemps. Je voulais absolument vivre l'Erzbergrodeo de l'intérieur. Sur les skis, je suis là pour performer et obtenir des résultats. Ici, je suis avant tout là pour le plaisir. C'est un défi personnel.» Défi relevé avec succès!
Pour les amateurs de ski qui aiment aussi l'odeur de l'essence, un dernier détail: le Bernois a pris le départ au guidon d'une KTM 300 cm³ deux-temps.