Problèmes financiers
Simone Wild: «Je ne veux pas terminer ma carrière comme ça»

De retour de blessure, la Zurichoise de 32 ans n'a pas rempli les critères pour réintégrer les cadres nationaux de Swiss-Ski. De quoi imaginer un départ à la retraite. Mais elle peut aussi s'appuyer sur l'exemple de Vanessa Kasper.
L'avenir de Simone Wild reste incertain.
Photo: Getty Images
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Mathias Germann et Benjamin Soland

Alors que la saison de ski alpin est sur le point de se terminer, la prochaine est déjà en préparation. Elle commence par l'annonce de Swiss-Ski concernant la répartition des athlètes dans les différents cadres: équipe nationale, cadre A, B ou C. Un élément essentiel pour espérer pouvoir se concentrer uniquement sur ses performances sur les lattes et bénéficier d'un encadrement adéquat. Et, forcément, il y aura des déçus.

Les athlètes qui ne sont pas retenus doivent alors se débrouiller seuls. Déplacements, hôtels, entraîneur technique, préparateur physique, pistes d'entraînement: à eux de tout organiser de leur côté. Cela demande beaucoup d'énergie et cela coûte cher. «Je ne sais pas combien exactement, je n’ai pas encore reçu les factures de l’année dernière», explique Simone Wild à Blick. Selon nos estimations, il faut alors trouver environ 80'000 francs.

Campagne de financement participatif

La Zurichoise de 32 ans a dû organiser et financer elle-même sa préparation la saison dernière. Dans un premier temps, l’absence de sponsor principal l’a découragée. Mais une campagne de financement participatif lui a permis de récolter environ 20'000 francs. La flamme est revenue et elle a terminé deux manches de Coupe du monde dans les points, aux 29e et 26e places.

Cela ne va tout de fois pas suffire pour réintégrer les cadres de Swiss-Ski. Etant âgée de plus de 30 ans, la spécialiste de géant aurait dû figurer parmi les 30 premières du classement de la spécialité. Elle est 55e. L'autre option était de terminer sur le podium du classement général de la Coupe d'Europe. Un critère qu'elle n'a pas rempli.

Victime dune rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche le 10 février 2025, Simone Wild garde le moral. Après sa convalescence, elle sentait que les choses s'amélioraient ces derniers mois. «Chaque course avait ses bons côtés. Mais je n'arrêtais pas de faire des erreurs, et ça me freinait.» Va-t-elle prendre sa retraite? «On verra», répond-elle d'abord. Avant de rectifier: «Je ne veux pas terminer ma carrière comme ça.»

Le retour en force de Vanessa Kasper

Vanessa Kasper est l'exemple qui prouve qu'il est possible de remonter la pente sans faire partie d'un cadre. Il y a deux étés, elle a dû se débrouiller seule. Mais son travail a fini par être récompensé. Aujourd'hui, la Grisonne de 29 ans est la deuxième meilleure skieuse helvétique en géant derrière Camille Rast, comme en atteste son 20e rang au classement de la discipline. «Pendant cette période hors cadres, j'ai beaucoup appris et je suis devenue plus indépendante. A présent, je me concentre davantage sur moi-même et je me préoccupe moins de ce qui se passe autour de moi.»

Vanessa Kasper a inscrit des points dans huit des dix courses qu'elle a disputées cet hiver. Elle n'a donc pas de soucis à se faire et peut se projeter vers l'avenir. «Les Championnats du monde à domicile, à Crans-Montana, représentent un objectif majeur. Je souhaite d'abord terminer dans le top 15, puis me rapprocher progressivement du podium», explique-t-elle.

Avant de pouvoir partir en vacances, Simone Wild et Vanessa Kasper disputeront encore les Championnats de Suisse à Saint-Moritz. Une compétition qui ne compte pas pour la répartition des cadres. Mais qui pourrait donne un coup de boost pour la saison prochaine.

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