Nicolas Hale-Woods, CEO du FWT
«Le freeride n'a fait aucun compromis pour intégrer les Jeux»

Le freeride va faire son apparition lors des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises. Blick a pu s'entretenir avec Nicolas Hale-Woods, CEO du Freeride World Tour, juste après la bonne nouvelle. Interview.
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Nicolas Hale-Woods et le Freeride World Tour seront aux JO en 2030.
Photo: Freeride World Tour
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Matthias DavetJournaliste Blick

Depuis plusieurs mois, la rumeur était grandissante sur les montagnes enneigées. La nouvelle est désormais officielle: le freeride va faire son entrée au programme olympique, et ce lors des Jeux de 2030 dans les Alpes françaises. Réunie ce mardi à Lausanne, la commission exécutive du CIO a opté pour ce sport. Dans la poudreuse française, les meilleurs riders du monde vont rivaliser sur la scène olympique.

Alors que l'annonce venait de tomber, Blick a pu s'entretenir avec Nicolas Hale-Woods, co-fondateur de l'Xtreme de Verbier et du Freeride World Tour, ainsi que son CEO depuis de nombreuses années. Forcément, c'était un homme heureux en route pour la capitale olympique avec qui nous avons pu discuter.

Nicolas, quelle a été votre première réaction quand vous avez appris que le freeride serait aux Jeux de 2030?
Énormément de joie. D'abord, en pensant aux riders, que ce soit les pionniers de 1996 ou ceux d’aujourd’hui. À partir de ce soir, les juniors peuvent aussi rêver d’une compétition olympique. Mais j'ai aussi eu une pensée pour tous les organisateurs à travers le monde, que ce soit au Japon, en Chine, en Nouvelle-Zélande, en Argentine ou à Verbier. Ils mettent tous énormément d'énergie et de passion. Évidemment, je suis aussi heureux pour les partenaires, qui nous ont toujours soutenus.

Quand avez-vous senti que ce projet pouvait vraiment aboutir?
J'en suis toujours convaincu depuis 15 ans (sourire). En 1996, on a vu qu'il y avait un truc incroyable et qu'on pouvait le faire grandir, avec soin. En 2008, on a créé la base du Freeride World Tour, avec les classements, les qualifications, etc. – en se disant qu'un jour, ça serait aux JO. Le moment le plus important a peut-être été l'intégration à la FIS, grâce à son président Johan Eliasch, qui a toujours cru en nous. Puis, le CIO est venu faire des visites de site, avant la dernière phase qui a été la validation par le groupe de travail sur le programme.

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Pourquoi est-ce si important pour le freeride d'entrer aux Jeux olympiques?
Car un sport qui ne progresse pas meurt. Les JO sont une plateforme qui fait progresser, que ce soit grâce à l’audience, mais aussi la légitimité pour les athlètes. On va voir les fédérations nationales s’engager et il y aura un mouvement de fond qui va amener plus de moyens, professionnaliser la chose. Le sport va être plus compétitif. Il faut grandir et le CIO est la plateforme pour le faire au mieux.

Est-ce que vous avez dû faire des compromis pour convaincre le CIO?
Non, et c'est beau. Le CIO, la FIS et le COJO (ndlr: Comité d'organisation) ont compris qu’il ne fallait pas travestir le sport. Ce sera le même format que sur le World Tour.

Vous avez déjà pu vous entretenir avec des athlètes? Quelle a été leur réaction?
Alors, pas encore, mais je sais qu’ils sont contents et excités. J'ai eu des discussions avant que ce soit confirmé. Ça a été bien pris, à part par quelques vieux grincheux. Mais ce qui compte, ce sont les jeunes et eux ont envie d'aller aux JO. Ils savent que ça va être un game-changer.

En plus, la Suisse aura de belles chances de médailles avec, par exemple, Liam Rivera, Sybille Blanjean ou Martin Bender…
Oui, c'est pour ça que Swiss-Ski et Swiss Olympic vont mettre de l'énergie et de beaux moyens. C'est génial.

Votre fils, Victor, fait également partie du Freeride World Tour. C'est un beau cadeau que vous lui faites.
(rires) Je ne fais aucun cadeau à mon fils sur cet aspect. Il a évidemment les Jeux dans un coin de la tête et, s'il y va, c'est incroyable. Mais la concurrence sera féroce et c'est déjà très fort ce qu'il a déjà fait jusqu'à présent dans sa carrière.

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