«Mon équipe, c'est ma famille»
Sofia Goggia aime sa famille.... à condition qu'elle se tienne très loin d'elle sur les pistes!

Peut-on gagner sans sa famille abec soi? Sofia Goggia dit oui et veut décrocher le globe de super-G dimanche. «Mon équipe est ma famille», dit-elle. Concentration totale sur le ski pour l'Italienne!
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Un premier globe de cristal en super-G? Sofia Goggia aura l'occasion de triompher pour la première fois dans cette discipline dimanche.
Photo: SVEN THOMANN
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Mathias Germann

Faut-il avoir ses proches dans l’aire d’arrivée pour gagner les plus grands titres? Un regard sur la dernière décennie tend à le suggérer.

Lara Gut-Behrami a triomphé en 2015 et 2026 avec son père Pauli à ses côtés. Federica Brignone s’est imposée en 2020 et 2025, épaulée par son frère Davide. Petra Vlhova a conquis le globe en 2021, sous la direction de son frère Boris. Quant à Mikaela Shiffrin, sa mère Eileen a joué un rôle central dans ses cinq globes au général — et pourrait encore être déterminante si l’Américaine vise un sixième sacre.

Mais cette recette n’est pas universelle.

Sofia Goggia, elle, revendique une approche radicalement différente. La championne olympique de descente 2022 préfère garder ses proches à distance. Son frère Tommaso passe bien de temps à autre la voir, mais sans jamais interférer. «Je ne viens pas d’une famille de skieurs. Ma mère est professeure de littérature et de latin, mon père ingénieur civil. Ils ont un tout autre univers», explique-t-elle.

Une séparation claire

Chez les Goggia, la frontière est nette. Aucune ingérence. Elle raconte même un échange révélateur: lorsque sa mère lui demande si elle a pris ses chaussures de ski avec elle, la réponse fuse. «Ce n’est pas ton rôle. Ne t’en occupe pas.»

Une rigueur qu’elle applique aussi sur les skis: directe, engagée, sans compromis. «Je suis dure avec ma mère», reconnaît-elle, sans que cela n’entame leur relation. «J’ai une équipe pour gérer ça. Et je ne lui dis pas comment faire son travail.»

Le globe en ligne de mire

Dimanche, la skieuse de Bergame peut écrire une nouvelle page de son histoire en s’adjugeant le globe du super-G — une première pour elle, elle qui compte déjà quatre globes en descente.

Le gros globe du général reste, lui, un objectif plus lointain. Malgré un été et un automne consacrés à intensifier son travail, notamment en géant, l’Italienne sait qu’il faut performer dans au moins trois disciplines pour viser les sommets.

Face à elle, la polyvalente Emma Aicher incarne cette nouvelle génération capable de tout faire. Et puis il y a toujours Mikaela Shiffrin, qui a tenu à balayer les rumeurs de retraite: «Je comprends ces questions, mais je serai encore là l’hiver prochain.»

Sofia Goggia, elle, avance avec ses certitudes. Sans famille au bord de la piste, mais avec une autre forme de soutien: «Mon équipe est ma famille. Je leur fais confiance.»


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