Lucas Pinheiro Braathen a-t-il dit non?
Polémique en Norvège! Pourquoi Gino Caviezel n'a-t-il pas pu prendre le départ?

La superstar Marco Odermatt fait preuve de beaucoup de grandeur, même dans la défaite. En revanche, le fait que son pote Gino Caviezel n'ait pas pu prendre le départ donne lieu à de nombreuses spéculations. Dont une très tendancieuse.
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Marco Odermatt est éliminé lors du géant final à Hafjell.
Photo: Sven Thomann
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Marcel W. Perren

Le monde du ski a-t-il conspiré contre la Suisse? La question flotte dans l’air lundi soir à Hafjell. Et elle n’est pas totalement farfelue.

L’entraîneur en chef des hommes, Tom Stauffer, souhaitait aligner Gino Caviezel en ouvreur du géant des finales. Le Grison, victime d’une rupture totale des ligaments du genou droit lors du super-G de Bormio l’hiver dernier, s’est entraîné ces derniers jours à proximité d’Hafjell. Disputer encore deux manches sur une piste de Coupe du monde aurait constitué une opportunité idéale pour lui. Mais la demande suisse a été rejetée.

La version officielle de la FIS? «Plusieurs nations ont opposé leur veto.» Du côté de Swiss-Ski, on avance une autre lecture: le camp du Brésilo-Norvégien Lucas Pinheiro Braathen aurait freiné des quatre fers. En cause: la crainte que Gino Caviezel ne livre des informations précieuses sur la piste à son ami Marco Odermatt.

Une hypothèse que balaie l’ancien spécialiste autrichien Thomas Sykora (9 victoires en Coupe du monde): «Si j’avais été responsable de l’équipe brésilienne, je n’aurais pas mis mon veto. Après une blessure aussi grave, Gino ne peut pas encore skier au niveau de Marco Odermatt. Ses informations n’auraient pas fait une grande différence.»

Le résultat, lui, donne du grain à moudre aux complotistes. Alors que Marco Odermatt enfourche après une trentaine de secondes avec le dossard 1, Lucas Pinheiro Braathen s’offre une troisième victoire consécutive en géant. Le Valaisan Loïc Meillard prend la deuxième place, devant Atle Lie McGrath, ami d’enfance du vainqueur. Le champion olympique s’adjuge au passage le petit globe de la discipline.

Le réconfort des proches

Comme souvent dans les moments difficiles, Marco Odermatt peut compter sur ses parents. Sa maman Priska et son papa Walti sont là pour l’accueillir après cette sortie de piste. «Je lui ai dit qu’il m’avait rendu très fier. Malgré ses 48 points d’avance avant le départ, il n’a pas calculé. Il a attaqué à fond. Ça m’a impressionné», confie son père à Blick.

La réaction du Nidwaldien force aussi le respect. «J’ai rarement vu un athlète réagir avec autant de classe après un tel revers», souligne le présentateur vedette de la télévision autrichienne, Rainer Pariasek.

Marco Odermatt lui-même assume pleinement son choix: «Tout est plus ou moins normal. À Kranjska Gora, avec le dossard 1, je n’avais pas assez attaqué. Cette fois, j’ai voulu faire mieux. Les sensations étaient bonnes, mais j’ai sans doute été un peu trop agressif.»

Et la digestion est express. Moins de deux heures après sa sortie, on le retrouve déjà attablé au restaurant Lodget, à deux pas de l’aire d’arrivée, en train de plaisanter avec ses amis Justin Murisier et… Gino Caviezel.

La question qui fâche

Au terme d’une saison pourtant très réussie, une interrogation s’impose: combien de temps encore Marco Odermatt pourra-t-il mener de front les trois disciplines que sont la descente, le super-G et le géant? Pour rappel, il a gagné les trois globes en 2024 et en 2025, mais n'en gagnera «que» deux cet hiver.

Depuis un moment déjà, certains experts estiment qu’il devra un jour faire un choix et renoncer au géant pour se concentrer sur la vitesse. Mais le principal intéressé balaie l’idée: il compte bien continuer en géant l’hiver prochain.

Thomas Sykora, lui, se projette: «Marco Odermatt dominera probablement le géant en début de saison, jusqu’à Val Gardena. Mais ensuite, avec l’enchaînement des classiques de vitesse, cela lui coûtera beaucoup d’énergie. Et il deviendra plus difficile pour lui de rivaliser avec les purs spécialistes du géant.»

Le débat est lancé. Et il ne fait que commencer.

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