Dania Allenbach (19 ans) a réussi cet hiver un exploit rare: marquer des points dès sa toute première course de Coupe du monde. Partie avec le dossard 50, la skieuse de Gstaad s’est classée 27e à Kranjska Gora (Slovénie). «Je ne pensais pas que ça arriverait. C’était fou», confie-t-elle.
Et la surprise ne s’est pas arrêtée là. Pour sa deuxième apparition au plus haut niveau, elle a remis ça avec une 22e place. «Que ça marche encore une fois m’a étonnée. L’hiver précédent, il me manquait de la constance.» Au final, Dania Allenbach a inscrit des points lors de trois de ses quatre courses en Coupe du monde.
Blick la rencontre à Schladming, en Autriche, où elle vient de remporter le classement de la Coupe d’Europe de géant, en étant la plus jeune du top 20. Une performance qui lui assure une place fixe en Coupe du monde l’hiver prochain. Sans pour autant lui monter à la tête.
«J'aime bien déconner de temps en temps»
Coupe et médaille en main, la Bernoise file vers l’aire de jeux devant l’hôtel. Les photos et les discussions, elle préfère les vivre dans un cadre détendu. «J’aime bien déconner de temps en temps. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux», glisse-t-elle. Une philosophie qu’elle applique aussi bien en famille qu’en équipe. «On joue souvent en camp d’entraînement. C’est mieux que d’être tout le temps sur son téléphone. Brandy Dog ou des jeux de cartes, par exemple.»
Chez elle, une règle prévaut: «Quand j'arrive à la maison, il ne doit pas être question de ski.» Pour durer – elle se voit encore dix à quinze ans en Coupe du monde si les blessures l’épargnent –, elle tient à garder un équilibre. «Je dois m’aérer la tête. Je veux garder mon innocence d'enfant et ma fraîcheur le plus longtemps possible. Avec mes frères et sœurs, ce n’est pas difficile», sourit-elle.
«J'ai toujours un plan, mais...»
La gestion des succès comme des échecs sera déterminante. Là aussi, Dania Allenbach privilégie l’instinct. «J’ai toujours un plan. Mais une fois dans le portillon, je ne dois pas m’y accrocher. On skie en extérieur, la neige change, il y a de l’imprévisible. Je veux rester instinctive – c’est souvent là que ça fonctionne le mieux.»
Curieusement, à l’entraînement, l’apprentie poseuse de revêtements de sol n’est pas toujours la plus rapide. Mais en course, elle sait élever le niveau. «À l’entraînement, j'essaie beaucoup de choses. C’est fait pour ça. En course, c’est différent.»
Cet été, les vacances auront lieu à Macolin!
La saison n’est d’ailleurs pas encore terminée pour elle: quelques courses mineures, des tests de matériel et les championnats de Suisse sont encore au programme. Les vacances, en revanche, attendront. «Elles tombent à l’eau cette année», sourit-elle. Dès le lendemain des Mondiaux nationaux, elle enchaînera avec trois mois d’école de recrues pour sportifs d’élite à Macolin, aux côtés notamment de Sue Piller et Shaienne Zehnder. «C’est quelque chose de nouveau, je m’en réjouis. Il n’y a pas de meilleure préparation pour la saison prochaine.»