«La radio était effrayante»
Michelle Gisin évoque sa chute et révèle une blessure cachée

Trois mois se sont écoulés depuis la violente chute de Michelle Gisin. Elle en parle maintenant pour la première fois. Et révèle ce qu'il en est de son avenir en tant que skieuse.
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Michelle Gisin revient sur des mois difficiles.
Photo: Screenshot SRF
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Ramona Bieri

Mi-décembre, Michelle Gisin est victime d’une violente chute à l’entraînement, échappant de peu à la paraplégie. Elle en dévoile les détails pour la première fois. «J’ai encore du mal à comprendre comment j’ai pu me blesser aussi gravement», confie-t-elle dans l’émission Gredig direkt sur la SRF. Une incompréhension d’autant plus grande qu’elle se considère comme une skieuse prudente.

Ce jour-là, après un écart, elle finit violemment dans le filet de sécurité. Le bilan est lourd: genou et main sérieusement touchés. «Je me suis cassé trois métacarpes, c’est très rare et complexe», explique-t-elle. Aujourd’hui encore, sa mobilité reste réduite. Mais le plus inquiétant concerne les cervicales: une fracture instable des vertèbres. «J’ai eu peur en voyant la radiographie», admet-elle, reconnaissante de ne pas avoir fini en fauteuil roulant.

Si les blessures évoluent favorablement, un nouveau souci est apparu: deux tendons partiellement déchirés à l’épaule gauche. «Un moindre mal», relativise-t-elle.

«Ça m’a brisé le cœur»

La question de son retour en Coupe du monde reste ouverte. «Avant la saison, je pensais que ce serait ma dernière», rappelle-t-elle. Aujourd’hui, sa priorité est ailleurs: retrouver la santé grâce à la rééducation. Reprendre la compétition semble encore lointain. Son premier objectif est plus modeste: disputer un géant sur une piste facile. «Je saurai alors si j’ai envie de continuer… et si j’en suis capable.»

Avant un éventuel come-back, un moment fort l’attend dans sa vie privée. Cet été, elle épousera son compagnon de longue date, Luca De Aliprandini, resté à ses côtés durant toute cette période difficile. Deux jours après la chute, à sa demande, l’Italien avait tout de même pris le départ d’une course, avant de craquer en interview. «Ça m’a brisé le cœur», raconte Michelle Gisin. Sous médicaments, elle n’avait alors pas mesuré la gravité de la situation et l’avait encouragé à courir.

Reviendra-t-elle un jour sur le circuit sous le nom de Michelle De Aliprandini? Elle éclate de rire: «Non… c’est beaucoup trop long, ça ne tient pas à l’écran.»


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