Niels Hintermann est vraiment en colère. Le Zurichois s’en veut d’abord d’avoir concédé 2’’06 au meilleur temps de l’Américain Ryan Cochran-Siegle lors du premier entraînement de la descente olympique. Mais le trentenaire en veut aussi – et surtout – à son équipe d’entraîneurs. «Ce que ces messieurs ont décidé mardi après-midi n’est pas correct, ce n’est pas dans l’esprit du sport!», lâche-t-il.
Niels Hintermann fait référence à la qualification interne décidée par Swiss-Ski, au cours de laquelle il devra se mesurer au Grison Stefan Rogentin pour décrocher la dernière place de départ en descente olympique. «Je n’ai absolument rien contre le fait de devoir disputer cette qualification. Après tout, je n’ai pas signé de podium cet hiver en Coupe du monde. Mais Alexis Monney ne peut pas non plus se targuer d’un top 3 cette saison, et pourtant il a été directement sélectionné», souligne-t-il.
Le skieur zurichois le plus titré en Coupe du monde depuis Peter Müller, avec trois victoires à son actif, poursuit sur un ton très critique: «Depuis ma première participation à un grand événement en 2017, aux Championnats du monde de Saint-Moritz, l’équipe suisse de descente a toujours appliqué la même règle: tous les athlètes sans podium en Coupe du monde devaient passer par une qualification à l’entraînement. Aujourd’hui, on introduit soudainement une exception.»
Carlo Janka comprend sa frustration
Au cours de la saison actuelle de Coupe du monde, Alexis Monney a obtenu une cinquième place et trois autres résultats dans le top 10. De son côté, Niels Hintermann a terminé sixième à Kitzbühel et septième à Val Gardena. Selon Carlo Janka, la victoire d’Alexis Monney en descente à Bormio en décembre 2024 n’aurait pas dû peser dans la balance, même si les courses olympiques masculines se disputent sur le Stelvio.
«Les conditions à Bormio seront très probablement différentes de celles du mois de décembre», analyse le vainqueur du classement général de la Coupe du monde 2010. «La lumière devrait être meilleure en février et la piste moins glacée. Au vu des résultats récents, je ne vois donc pas de raison de favoriser Alexis Monney par rapport à Niels Hintermann et Stefan Rogentin.»
De son côté, l’entraîneur en chef Tom Stauffer justifie le choix de Swiss-Ski: «C’est l’image globale qui a fait pencher la balance en faveur d’Alexis dans cette décision.»
Alexis Monney surpris par cette décision
Alexis Monney reconnaît lui-même avoir été étonné par cette sélection directe. «Je m’étais déjà préparé mentalement à devoir passer par la qualification. Je m’attendais à une semaine extrêmement éprouvante. Sans cette pression, je peux évidemment économiser beaucoup d’énergie», admet le Fribourgeois de 26 ans.
Dans le même temps, il dit comprendre la réaction de son coéquipier: «Je comprends très bien la colère de Niels Hintermann. A sa place, je serais probablement aussi agacé. Je n’ai jamais fait pression sur les entraîneurs pour être directement sélectionné. Mais je ne vais évidemment pas non plus leur dire que je veux malgré tout passer par la qualification.»
Lors du premier entraînement, Alexis Monney a signé le quatrième temps malgré une porte manquée, à deux dixièmes de la superstar Marco Odermatt, auteur du troisième chrono. Stefan Rogentin s’est montré huit dixièmes plus rapide que Niels Hintermann. La décision finale pour la dernière place en descente sera toutefois prise lors du deuxième entraînement prévu jeudi.