Qui est vraiment Lenz Hächler, le nouveau vainqueur du classement général de la Coupe d'Europe? Le Zougois de 22 ans apprécie énormément Marco Odermatt, mais ne veut pas sans cesse être comparé au meilleur skieur du monde. Ce qui peut se comprendre.
Lenz Hächler, vous avez remporté le classement général de la Coupe d’Europe. Après la finale, avez-vous fêté ça au célèbre Tenne-Bar de Schladming?
J’y suis allé avec mes coéquipiers et adversaires du géant et on a trinqué. En semaine, il n’y avait pas grand monde, donc c’est resté assez calme. C’était simplement une belle soirée.
L’hiver prochain, vous aurez une place fixe en Coupe du monde dans plusieurs disciplines.
Ça me fait énormément plaisir. C’est top. J’espérais déjà m’installer en Coupe du monde cet hiver, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. La saison prochaine, je repars à l’attaque — sauf en slalom, que je vais laisser de côté, comme cette année, à cause de mon tibia. Je vais me concentrer sur le géant et les disciplines de vitesse.
Depuis des années, on vous présente comme le nouveau Marco Odermatt. Ça vous dérange?
Marco, c’est Marco. Et moi, je suis Lenz. Ceux qui connaissent le ski savent que la comparaison s’arrête là. Les attentes ont forcément grandi, j’ai reçu beaucoup de compliments. Quand ça marche, ça va. Mais quand ça coince, ça peut jouer dans la tête. Je ne veux pas me comparer à lui, mais je n’en ai pas honte non plus. Et puis Marco, ce n’est pas seulement un immense skieur, c’est aussi un coéquipier très cool.
Moins cool, votre lendemain de soirée fondue à Beaver Creek cet automne…
On était dans l’appartement de Blick avec Justin Murisier et Marco. C’était super sympa. Mais le lendemain, je me suis senti mal, j’ai vomi. Je ne sais pas trop pourquoi. J’adore la fondue… Peut-être la tension, ou un estomac un peu nerveux.
Cet hiver, vous avez marqué vos premiers points en Coupe du monde avec une 19e place en géant à Beaver Creek. Vous espériez mieux?
Bien sûr. Mais en même temps, avec mes blessures, je savais que ma préparation n’était pas optimale. Il m’a fallu du temps pour retrouver le rythme.
Vous avez vécu un été compliqué…
Oui. En juin, je suis tombé en VTT: côtes cassées, hémorragie cérébrale. Mais ça a vite guéri, même la tête n’a jamais posé problème. Ensuite, en août, je me suis déchiré un ligament au pied — ça, c’était un vrai coup dur. J’ai manqué le stage très important en Amérique du Sud. Puis mon dos s’est bloqué. Je suis arrivé à Sölden quasiment sans jours de ski… donc mon élimination n’était pas une surprise.
Vous avez changé d’équipement avant l’hiver. Verdict?
Dès le début, je me suis senti bien sur les skis. Mais j’étais un peu perdu avec les réglages des chaussures. Le changement a tout débloqué. Maintenant, je suis vraiment satisfait, et ça s’est vu en Coupe d’Europe.
Si vous pouviez choisir: gagner la descente de Wengen ou le géant d’Alta Badia?
Alta Badia, sans hésiter. Le géant, c’est ma base. Mais je me réjouis aussi beaucoup de la vitesse en Coupe du monde. Les pistes sont souvent plus techniques qu’en Coupe d’Europe, ça pourrait même mieux me convenir. Le programme reste ouvert — la planification sera la clé. J’ai appris que parfois, moins c’est mieux. Je dois encore progresser dans la gestion de mes efforts.
Vous avez fait du skate, vous avez un style décontracté, des cheveux parfois originaux… un esprit libre?
Ça dépend du regard des autres (rires). J’aime les habits larges, mais je ne suis pas spécialement branché mode. Les coiffures, c’était à l’époque d’Engelberg. J’ai tenté le rose, le léopard… on verra la suite!
Votre plus grand rêve?
M’installer parmi les meilleurs mondiaux et jouer la gagne. Remporter le classement général de la Coupe du monde, ce serait le summum. Là, tu es vraiment le meilleur. Mais le plus important, c’est d’être satisfait — et je le suis. Et pour moi, l’équipe reste essentielle. Une structure privée, ce n’est pas envisageable.
Votre chambre reflète-t-elle votre vie de skieur?
Pas vraiment. J’apprécie les trophées et les médailles, mais les souvenirs des courses et des moments vécus comptent davantage.
Et pour les vacances?
J’adore la montagne et le calme de la nature. Mais la mer aussi: surfer le matin, plage l’après-midi, sieste… c’est parfait. J’aimerais vraiment couper deux semaines complètes, ça m’a manqué ces dernières années. Et surtout, enchaîner avec une préparation sans blessure pour attaquer la saison dans les meilleures conditions.