Vous souvenez-vous de Rafael Nadal et de ses fameuses gourdes? Deux bouteilles posées au millimètre près: l’une froide, l’autre chaude, disposées en diagonale, étiquettes parfaitement alignées. Pour certains, c’était de la folie. Pour d’autres, une obsession cohérente. Cette même obsession du détail se retrouve aujourd’hui… dans le monde du ski.
«Chez Simon aussi, tout doit être précis. Pas de temps en temps, mais toujours. Jusqu’au moindre détail», glisse Denis Wicki. L’entraîneur à succès de Camille Rast parle de Simon Vicenzi, le nouvel homme de confiance de l’as du ski suisse. La Valaisanne ne tarit pas d’éloges: «Je suis méga contente de lui. Il a une passion énorme pour le sport. Il travaille sur la piste, puis il enchaîne avec de longues heures dans le local à skis. Simon est un perfectionniste. Et ça me correspond parfaitement.»
Les chiffres confirment l’impression. En 14 courses, Camille Rast a signé sept podiums et deux victoires. Jamais elle n’avait affiché une telle régularité au plus haut niveau. Simon Vicenzi n’y est évidemment pas étranger. Après une saison avec un service partagé, la skieuse bénéficie désormais d’un suivi individuel. Son technicien ne laisse rien au hasard, quelles que soient les conditions: chaleur, froid, neige agressive ou glacée.
Les compliments, en revanche, le mettent mal à l’aise. Simon Vicenzi préfère les renvoyer à son athlète: «Camille s’intéresse beaucoup au matériel et donne un feedback très précis. Ça facilite énormément mon travail.» Ancien skieur lui-même – «pas très bon», sourit-il –, il est devenu serviceman juste après l’école. Il a travaillé avec des Canadiennes, en Suisse, et a récemment conduit l’Autrichienne Stephanie Venier au titre mondial en super-G. Après la retraite sportive de cette dernière, Simon Vicenzi s’est retrouvé libre: une opportunité en or pour Camille Rast.
«Simon est un fou furieux», lance Denis Wicki, presque admiratif. «À l’entraînement, il passe ses doigts sur les carres après chaque manche. Il veut sentir ce qui s’est passé. Je n’ai jamais vu ça.» Fait rare dans le milieu: Simon Vicenzi n’a que 24 ans, il est donc plus jeune que son athlète.
Camille Rast sourit: «Il a déjà beaucoup d’expérience. Et sa passion compense tout. J’espère qu’on pourra encore vivre de belles choses ensemble.»
Dès ce week-end, la confirmation pourrait venir de Špindlerův Mlýn. Après sept podiums en huit courses, Camille Rast veut enchaîner. Dans la station tchèque, elle n’a jamais fait mieux que 23e en quatre départs. Mais elle n’a jamais non plus été aussi forte. Une chose est sûre: côté réglages, tout devrait une nouvelle fois être parfaitement aligné. Grâce à Simon Vicenzi.