Des vacances à ne rien faire? Pour beaucoup, c'est le rêve de l'été. Pour Dania Allenbach (19 ans), ce serait presque une punition.
«C'est vrai», sourit le grand espoir suisse du ski. «J'ai du mal à rester en place. Je déborde d'énergie.» Une qualité qui fait aussi sa force... mais qui constitue parfois son plus grand défi. «J'aimerais pouvoir me donner à fond tous les jours. Mais je ne peux pas. Je dois apprendre à me freiner, sinon je risque le surentraînement.»
Nous retrouvons Dania Allenbach au bord du lac de Bienne. La Bernoise descend en funiculaire depuis Macolin, où elle effectue actuellement son école de recrues pour sportifs d'élite tout en préparant sa première saison complète en Coupe du monde. Le sourire est au rendez-vous: jusqu'ici, tout se déroule parfaitement.
«Tout se passe très bien.» Pas de blessure, pas de maladie, aucun contretemps. Et il vaut mieux que cela dure. Après avoir éclaté au grand jour l'hiver dernier, Dania Allenbach entend désormais franchir un nouveau cap.
Elle ne prendra d'ailleurs pas de vacances cet été. Une situation qui ne la dérange absolument pas. Lorsqu'elle a besoin de souffler, elle rentre simplement dans la ferme familiale, au-dessus de Gstaad. «Là-bas aussi, j'aime être active. Il y a toujours quelque chose à faire.»
S'occuper des vaches, donner un coup de main à la ferme, passer ses journées dehors: tout cela lui permet de décrocher mentalement du ski. «C'est un excellent moyen de reposer la tête.»
Un premier été à plein temps comme skieuse
Apprendre à récupérer n'a pourtant pas toujours été évident. Durant son apprentissage de poseuse de revêtements de sol, Dania Allenbach passait ses journées sur les chantiers avant d'enchaîner avec des séances de musculation.
Son ancien maître d'apprentissage, Kurt Reichenbach, de l'entreprise Tapistore, garde le souvenir d'une jeune femme infatigable. «Dania est notre boule d'énergie. Elle met toujours la main à la pâte et va au bout des choses. Elle fait preuve de la même ambition dans son métier que dans le ski.»
Son apprentissage désormais terminé, Dania Allenbach vit aujourd'hui un été inédit: pour la première fois, elle peut se consacrer exclusivement à sa carrière sportive.
«Au début, je culpabilisais lorsque je faisais une sieste l'après-midi. Je me disais que les autres étaient au travail. Aujourd'hui, je sais que cela ne sert à rien de s'entraîner dix heures par jour.»
Gagner en intelligence
Le travail continue toutefois sur la neige. Entre le col du Stelvio, Zermatt et, dès la fin août, Ushuaïa en Argentine, la Suissesse affine sa technique. «Je veux transférer mon poids plus tôt sur le ski extérieur afin de sortir plus vite des virages.» Elle souhaite également apprendre à skier avec davantage de discernement dans les passages clés, quitte à prendre un peu moins de risques.
Les bases sont déjà solides. Dès ses débuts en Coupe du monde l'hiver dernier, elle a marqué des points grâce à une 24e place, avant de terminer 22e puis 27e. Elle a surtout remporté le classement du slalom géant en Coupe d'Europe, ce qui lui garantit une place fixe sur le circuit mondial. «Mon objectif est désormais d'être régulière en Coupe du monde», explique-t-elle.
Dans cette progression, elle peut compter sur son entraîneur Christoph Kienzl, lui aussi promu de la Coupe d'Europe à la Coupe du monde. «Il sait parfaitement quand il doit me calmer. Et il m'encourage aussi à exprimer davantage mon opinion. C'est un conseil que je prends très au sérieux.»
Dania Allenbach l'a bien compris: au plus haut niveau, celles qui réussissent ne sont pas forcément celles qui s'entraînent le plus, mais souvent celles qui savent aussi lever le pied au bon moment. Une leçon qu'elle entend bien appliquer cet été.