Interpol le recherche
L'ex-patron du ski croate aurait escroqué 30 millions à la fédération

De graves accusations pèsent sur l'ancien directeur de l'équipe nationale de ski croate. Vedran Pavlek, qui a participé trois fois aux Jeux olympiques, est recherché par Interpol pour des accusations de corruption.
Vedran Pavlek est recherché par Interpol.
Photo: Getty Images
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Carlo Steiner

La Fédération croate de ski traverse l’une des plus graves crises de son histoire. Son ancien directeur, Vedran Pavlek, est soupçonné d’avoir détourné au moins 30 millions d’euros en l’espace de dix ans. Au cœur de l’affaire: un système organisé de redistribution des fonds issus de la fédération, évoquant un véritable réseau criminel.

Une enquête pour corruption d’ampleur

L’enquête a été ouverte fin mars par USKOK, l’autorité croate spécialisée dans la lutte contre la corruption et le crime organisé. Dans la foulée, un mandat d’arrêt international via Interpol a été émis contre l’ancien dirigeant.

Selon plusieurs médias locaux, Vedran Pavlek aurait été localisé à Istanbul. Malgré cela, il n’a pas encore été interpellé.

Cavale entre Dubaï, Moscou et Istanbul

D’après les éléments révélés par la presse croate, il aurait quitté le pays après les Jeux olympiques d'hiver de Cortina 2026. Il se serait d’abord rendu à Dubaï, avant de rejoindre la Turquie en passant par Moscou.

Un détail intrigue particulièrement les enquêteurs: l’une des sociétés suspectées d’avoir reçu des fonds détournés serait basée dans la capitale russe.

Extradition en préparation

Les autorités croates s’activent désormais pour obtenir son retour. «Une coopération juridique est en cours, la détention provisoire a déjà été ordonnée. Le gouvernement turc va prendre d’autres mesures. Cela signifie qu’une extradition suivra», a déclaré le chef de la police croate, Nikola Milina.

Trois proches collaborateurs de Vedran Pavlek ont déjà été placés en détention provisoire.

Une défense qui contre-attaque

De son côté, l’ancien dirigeant, triple participant aux Jeux olympiques (1992, 1994, 1998), conteste fermement les accusations. Sa défense assure qu’il ne s’agit en aucun cas d’une fuite, évoquant de simples vacances à l’étranger. Son avocate a également annoncé un recours contre la détention provisoire, estimant qu’il n’existe ni risque de récidive ni tentative d’influence sur les témoins.

Malgré ces arguments, l’étau se resserre autour de celui qui fut pendant des années l’homme fort du ski croate. Si les soupçons se confirment, l’affaire pourrait durablement ébranler les structures du sport national.


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