Une pression immense pesait sur Mikaela Shiffrin avant le slalom olympique. Tous attendaient de la dominatrice de la saison une médaille d’or, alors qu’elle restait sur huit courses olympiques sans podium. L’Américaine s’imposait elle-même cette exigence. Sa solidité mentale lui permettait d’y faire face. Elle s’était déjà relevée après la mort brutale de son père ou après sa lourde chute en slalom géant à Killington (États-Unis).
Lors des Jeux olympiques 2026, elle a de nouveau dû s’appuyer sur cette ressource. Dans sa chambre d’hôtel, traversée par le doute et consciente du poids qu’elle portait pour son sport, elle se répétait: «Tu dois simplement lâcher prise et faire ton travail, car tu ne peux pas te battre contre tout le monde». Elle l’explique dans le «Women's Health Magazine». Sur la piste, elle a répondu présente et a décroché nettement l’or en slalom.
Une décision «risquée»
Pour continuer à renforcer son équilibre mental, l’Américaine a pris une décision importante pendant sa préparation estivale. «Une décision risquée cette saison a été d’intégrer mon psychologue à mon équipe d’entraîneurs et de staff», confie Shiffrin. L’objectif était d’aligner tout son entourage et d’aborder ensemble les échéances à venir.
Avec le recul, ce choix s’est révélé très bénéfique, estime-t-elle. Elle reconnaît toutefois: «C’était un peu intimidant de se montrer aussi vulnérable face aux personnes avec qui on travaille». Une interrogation l’a particulièrement habitée: «Mes entraîneurs veulent-ils vraiment savoir ce qui se passe dans mon cœur?» Finalement, cette démarche lui a été précieuse, même si elle a dû, dans un premier temps, se contraindre à s’ouvrir.
Des bonbons acidulés avant le départ
Un autre rituel semble également produire des effets positifs: «J’ai commencé à manger un ou deux bonbons acidulés avant le départ d’une course». Ce conseil de son physiothérapeute vise à rompre les mécanismes liés à l’anxiété.
Même après son titre olympique, la pression ne disparaissait pas. Si elle avait déjà assuré le globe de slalom fin janvier, la lutte pour le classement général de la Coupe du monde restait ouverte. La menace d’Emma Aicher se rapprochait, mais la jeune Allemande ne parvenait pas à lui ravir le titre lors de la dernière course de la saison. Une fois son triomphe confirmé, la pression est retombée, et Shiffrin a pu laisser éclater ses émotions.