Crans-Montana voulait de la sobriété pour ses courses de la Coupe du monde de ski, maintenues un mois à peine après la tragédie. Pour le premier jour de course: pas de musique à coin dans le «village des sponsors». Seulement le son, lointain, des cors des Alpes, solennel.
Dans l'aire d'arrivée, le speaker a été prié de ne pas faire de folies lyriques. L’arche rouge est devenue noire. Les publicités colorées habituelles ont été remplacées par des banderoles noire et blanche, les principaux sponsors ne souhaiteraient pas particulièrement apparaître.
Seuls les 950 élèves des classes de la région et leurs cris suraigus égaient un peu la zone d’arrivée. Munis de drapeaux suisses, ils garnissent joyeusement la «tribune des enfants».
Lindsey Vonn touchée au genou
On s’attendait à un hommage poignant des organisateurs. À 9h30, la première «surprise» prévue est annoncée. L’hymne national est entonné: «Sur nos monts vient le soleil», se trompe la chanteuse. Un peu plus tard, Johan Eliasch, président de la FIS, apparaît sur l’écran géant. Un discours, en anglais, pour introduire la minute de silence. Sauf que tout le monde n’écoute pas, ne comprend pas. Le moment est flottant.
L’hommage passé, place à la course, au sport. Mais Nina Ortlieb, Dossard No 1, termine dans les filets après quelques secondes de course. Dossard No 3, Marte Monsen fait une terrible chute à l’avant-dernière porte. Effroi dans l’aire d’arrivée, la Norvégienne a été secouée dans tous les sens après avoir heurté les filets. Dossard No 6, l'Américaine Lindsey Vonn se fait asseoir et termine, elle aussi, violemment dans les filets de sécurité. Elle rejoindra l’arrivée sur ses skis, mais finira par être héliportée, touchée au genou.
«Ce n'était pas raisonnable»
Suite à la chute de l'icône américaine, la FIS prend la décision d’annuler la descente. «La visibilité est très plate. On avait l’impression qu’on voyait bien, mais ce n’était pas le cas», explique Romane Miradoli, dossard No 2 et rare arrivée en bas. «Il y a trois filles qui ne sont pas à l’arrivée, c’est une bonne chose d’annuler. Ce n’était pas raisonnable, au vu des courses qui arrivent», continue la Française, le regard tourné vers les Jeux oylmpiques.
Une décision «difficile à prendre» d’après Urs Lehmann, dirigeant de la FIS. «On était un peu à la limite. Il faut aussi avouer qu’avec trois skieuses qui tombent dans les six premières…», déclare-t-il, tout en soulignant que la piste était parfaitement préparée, sentiment partagé par les coureuses et ouvreurs descendus.
Une descente avortée, un hommage timide. Pas de quoi faire taire le débat autour de l'organisation de ces courses sur le Haut-Plateau. Le sport n'a (pas encore) pu faire son effet. Rendez-vous samedi, avec le super-G dames sur la piste du Mont Lachaux. Les conditions devraient être bien meilleures.