Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard sont à l'affiche d'un film très réussi, «Le rêve américain», réalisé par Anthony Marciano et qui conte la folle ascension de deux agents NBA, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, tous deux partis de rien et qui représentent aujourd'hui plusieurs des meilleurs basketteurs du monde. Blick a retrouvé les deux acteurs dans un palace lausannois pour une discussion sans filtre sur le monde du sport et celui du cinéma, les deux grandes passions. Entre deux blagues, les deux hommes n'ont pas oublié d'apporter de la profondeur aux échanges.
En tant qu'amateur de sport, je suis souvent très déçu par les films de sport. J’ai presque toujours une frustration. Là, au contraire, j’ai adoré le film, je l’ai trouvé parfait du début à la fin. Est-ce que, pour vous aussi, il y avait cette crainte au sujet des écueils habituels du cinéma sportif ?
Jean-Pascal Zadi: Oui, clairement. Pour les besoins du film, comme la rencontre amicale se déroule sur un terrain de basket à Menton, nous avons été obligés de nous entraîner pendant quatre mois pour à peine deux minutes de scène. Il y avait une vraie chorégraphie à respecter. Mais c’était essentiel pour nous, et pour le réalisateur aussi, que tout soit vrai: que l’on joue réellement, que les gestes soient justes, que quand on lance la balle et qu’on marque, ce ne soit pas de l’animation mais du réel. C’est aussi ce qui est génial avec Anthony Marciano: il est obsessionnel. Quand il veut quelque chose, il faut absolument que ce soit fait à fond.
Vous aviez déjà joué au basket?
JPZ: Moi oui, j'avais quelques prédispositions, j’en avais un peu pratiqué. Ce qui était moins le cas de Raphaël, plus à l’aise avec le football, notamment dans la posture. Pour lui, c’était très compliqué au départ. Et c’est là qu’on voit que c’est un très grand acteur: au bout de quatre mois d’entraînement, il exécutait la chorégraphie comme s’il avait joué au basket toute sa vie. Et je suis d’accord: les films de sport déçoivent souvent. Mais là, notre chance, c’est que le basket n’est qu’une arène. Ce n’est pas un film sur le basket. C’est un film sur l’amitié, la résilience, la passion, le fait d’avoir un rêve et d’aller au bout de ses rêves. On ne s’est donc pas focalisés sur le sport, mais sur la relation entre Jérémy et Bouna.
Vous n'avez donc pas dû rejouer «Les Blancs ne savent pas sauter»?
JPZ: Ah bah non, c'était pas ça du tout. Mais c'est un classique! Et tu sais qu'ils l'ont refait? Il y en a un qui est sorti il y a deux ans je crois, un remake.
Raphaël, ce film il vous a marqué aussi?
Raphaël Quenard: Oui, forcément, mais un film de sport qui m'a marqué en vrai, peut-être pour d'autres raisons, c'est 3-0 avec Lorant Deutsch. Sinon, Jerry Maguire, le Stratège, la série Ballers... Il y a plein de trucs pas mal, mais c'est vrai que souvent le sport c'est pas trop bien filmé, c'est vrai.
JPZ: Mais il y en a un que j'ai adoré, que j'ai vu pendant mon enfance et que je viens de revoir avec mes enfants.
RQ: Space Jam?
JPZ: Non, A nous la victoire. Un film fou avec Sylvester Stallone et des prisonniers de guerre qui font un match contre les nazis et décident de s'enfuir à la mi-temps. Sauf qu'ils veulent absolument gagner le match et ne veulent plus s'échapper, ils vont au bout du match, il y a Pelé qui fait un retourné acrobatique et c'est Stallone dans les buts. Et à un moment, il y a un penalty contre les prisonniers et ils gueulent 'Vas-y Hatch, arrête-le!' Ca m'a marqué. C'est un très bon film.
RQ: Rasta Rockett c'est bien aussi.
JPZ: C'est une bête de film, ouais! C'est exceptionnel. Et le fait qu'ils ne gagnent pas à la fin, je trouve ça encore mieux.
Vous, vos personnages ils gagnent à la fin dans «Le rêve américain». Ils gagnent même beaucoup!
JPZ: Mais ils gagnent parce qu'ils vont au bout d'eux-mêmes, de leur passion et de leur quête. En fait, ce que le film raconte, je crois, c'est que leur première réussite est d'avoir une passion. Tous les échecs qu'ils essuient, les revers et les trahisons, finalement, ce sont des étapes pour atteindre leur but.
Ce qui est fou, c'est que c'est fragile. Il y a dix fois dans le film où on se dit: «C'est bon, c'est mort, vous pouvez rentrer à Paris les mecs.» La fois où le joueur n'est pas pris à la draft, c'est presque incompréhensible que les deux gars ne retournent pas bosser dans une friterie...
RQ: Parce qu'ils préfèrent mourir plutôt qu'abandonner. C'est ce qu'ils font qu'ils y arrivent, c'est un marathon. L'échec, ce n'est même pas une façon d'apprendre, c'est la meilleure. Ils ont une foi religieuse et christique dans la passion qui les habite. Et rien ne peut venir l'atteindre. La question, ce n'est pas s'ils vont réussir ou pas, c'est juste quand. Aujourd'hui, ce sont les agents les plus influents de la NBA, c'est incroyable ce qu'ils ont réussi à faire.
On a tous nos failles et nos échecs, vous comme moi. Est-ce que vous avez été particulièrement touchés par cette histoire par rapport à vos parcours respectifs?
RQ: Oui. Mais la différence, c'est qu'eux sont au sommet, ils ont atteint un stade dans leur activité qui est vraiment le top.
Arrêtez cette fausse modestie, vous avez chacun un César!
JPZ: Non, mais un César, ce n'est rien comparé à eux.
RQ: Il faudrait faire vingt films, dont dix classiques, pour être vraiment au sommet. On n'est pas Al Pacino ou Robert De Niro. Ou en France, des Jean Gabin, des Lino Ventura ou des Jean-Paul Belmondo qui ont accompli des trucs de fou. On doit continuer de travailler, on n'est qu'au début. Mais en tout cas, leur histoire résonne de fou dans les vertus de l'échec, du labeur et du pierre à pierre pour réussir à soulever une montagne. Et moi, j'ai beaucoup de figurations, de courts-métrages, de choses comme ça... et j'ai souvent perdu. Et j'ai trop d'admiration pour Jean-Pascal, il a fait deux ou trois longs-métrages en indépendant après deux saisons de Craignos. Et puis, il y a eu «Tout simplement noir» et ça a marché. La somme de travail qui a été déployée, elle est incommensurable. Et fort heureusement, au coeur de toutes ces petits choses qui ont souvent floppé et apporté leur lot de désillusions, on avait l'inconscience nécessaire pour ne pas se rendre compte de l'absurdité de ce qu'on était en train de faire.
JPZ: C'est clair que le parcours de Jérémy et Bouna, il y a un parallèle avec le notre. Le cinéma, en France, ça se passe à Paris. Raphaël vient de Grenoble, moi de Caen. Il n'avait pas de contacts, moi non plus. Peut-être même qu'il n'avait pas le talent, moi non plus d'ailleurs. Et c'est en faisant, en se trompant, qu'on a réussi à atteindre le premier palier.
Pourquoi le fait que vous soyez amis dans la vie a-t-il été aussi important aux yeux du réalisateur Anthony Marciano?
RQ: Parce que normalement, il aurait dû chercher à trouver une forme d'alchimie factice pour que ça se retranscrive bien dans les scènes. Le fait qu'on soit amis, ça fait gagner de l'âme au scénario, parce qu'on ne joue pas en fait.
Concrètement?
RQ: Comme Jérémy et Bouna, le lien qui nous unit fait qu'on ose se dire les choses, même si c'est désagréable parfois. Là, t'es pas juste. Là, je te crois pas. Là, tu peux faire mieux. Avec d'autres acteurs, tu ne l'as pas forcément.
Vous vous engueulez des fois?
JPZ: Non. Je ne sais même pas pourquoi on le ferait. Si on a des choses à se dire, on le fera dans le bon ton, de la bonne manière. S'il me fait une remarque, je sais qu'il n'y a pas d'ego mal placé dedans, que c'est pour mon bien. La même chose pour moi.
Il y a une scène que je trouve belle, mais tellement malaisante, c'est quand vous, Raphaël, vous faites semblant d'avoir un téléphone pour manipuler le dirigeant des Knicks. Sauf qu'il vous grille. C'est jouissif à jouer pour un acteur?
RQ: Oh oui, c'était trop bien. Le comique de la scène était tellement bien installé par le réalisateur que c'était facile. C'est trop bien quand les personnages trichent et qu'ils sont prêts à tout pour réussir quelque chose.
Je trouve que cet humour «malaisant», on le retrouve dans «En place», mais j'ai vu une interview de vous, Jean-Pascal, où vous dites que ce que vous avez aimé dans «Le rêve américain», c'est que vous ne deviez pas faire du «Zadi», mais jouer un rôle.
JPZ: C'est ça. Parce qu'en fait, souvent, les gens ont une image de l'acteur parce qu'il y a eu un succès sur un projet et donc vous êtes associés à ça. Mais un acteur, c'est quelqu'un qui est capable de jouer plusieurs émotions, plusieurs situations. Et où Anthony Marciano a été bon, je trouve, c'est qu'il ne nous a pas confortés dans l'image que le succès avait façonné de nous. Il a décidé d'aller à rebours de tout ça et de nous faire jouer d'autres émotions.
Vous ne saviez pas le faire?
JPZ: Si. C'est juste qu'on ne m'avait pas encore vu le faire, on ne m'avait pas vu dans ces situations. J'avais envie de le montrer et Raphaël aussi. Je suis content d'avoir pu surprendre un peu et d'être sorti du rôle dans lequel le public te voit encore et encore. Et c'est bien de se surprendre soi-même aussi, parce qu'au bout d'un moment, ce n'est plus très drôle de jouer la même chose, même pour nous. Et vous, vous avez vu Bouna Ndiaye ou JP Zadi dans ce film?
Alors sincèrement, après cinq minutes passées à attendre JP Zadi, j'ai vu Bouna Ndiaye.
JPZ: Ah bah trop bien, ça veut dire que le boulot a été plutôt bien fait. Ce qui est amusant, c'est que dans la vie, je suis très posé, très calme, j'essaie d'avoir un peu de recul sur les situations et le personnage de Bouna est donc en réalité plus proche de moi que ce qu'on me voit faire dans «En place» ou «Tout simplement noir». Bouna et le «vrai moi», on est assez proches au niveau du caractère.
RQ: Parce que ce qu'on te voit faire à l'écran, c'est ta partie clownesque. Moi, je ne te vois pas comme ça dans la vie.
Raphaël, c'est vrai que vous êtes trop grand pour le rôle?
RQ: Jérémy fait 1m68 je crois, moi vingt centimètres de plus. Et c'est vrai qu'au début, Anthony m'a parlé du film en me disant que ce n'était pas pour moi. Mais quand il m'a parlé de l'histoire, je lui ai demandé de me passer le scénario et là j'ai dit que je voulais le faire. Au final, ça n'a pas trop d'importance, vu que le grand public ne connaît pas forcément Jérémy et Bouna. Personne ne se dit que l'histoire est moins crédible parce que je suis plus grand que lui.
Jean-Pascal, il paraît qu'embrasser une fille au cinéma c'était compliqué, c'est juste?
JPZ: Non, pas cette question (rires)! J'ai une pudeur naturelle, voilà, qui m'empêche d'être...
RQ: Qui ne t'empêche pas d'être naturiste!
JPZ: Arrête! Oui, c'était difficile, je n'ai pas l'habitude de montre cette facette de moi dans des films. Mais je l'ai fait.
RQ: Par contre, en dehors des films, il n'y a pas de réserve particulière, tu y vas à fond, tu t'en donnes à coeur joie.
JPZ: Arrête, c'est enregistré! C'était difficile, mais je l'ai fait, voilà.
Raphaël, vous venez de Grenoble, vous supportez le GF38?
RQ: Oui! J'ai commencé le foot à 5 ans, parce que mon frère m'avait transmis sa passion. J'étais même abonné au GF38, j'allais au stade à l'époque des Grégory Wimbée, Laurent Batlles, Nassim Akrour... On avait une vraie équipe, on avait même mis 4-0 au Paris Saint-Germain avec une frappe extraordinaire de Nassim Akrour justement. Grenoble, c'est mon club de coeur, mais j'avais déjà une petite attirance pour le PSG avant de venir vivre à Paris, vu que mon frère les supportait. Aujourd'hui, je vais toujours au stade. Allez, vu que vous me parlez de foot, je vais vous faire un aveu.
Oui?
RQ: A chaque fois que je rentre dans un stade, j'ai toujours le même regret: pourquoi je n'ai pas eu la maturité suffisante quand j'étais jeune pour m'infliger une discipline qui m'aurait permis d'atteindre le haut niveau dans le sport? C'est un rêve sur lequel j'ai dû m'asseoir.
Footballeur professionnel?
RQ: Bah oui. On a tous voulu l'être, et JP encore plus que les autres, parce qu'il a joué à un bon niveau. Le foot, c'est les plus belles émotions que tu peux vivre. Je trouve même que le foot atteint le même niveau émotionnel foudroyant que la musique, il procure le même sentiment de liesse, de communion.
Encore plus, non?
RQ: Au même niveau. Dans un gros festival, un gros concert, il y a ce truc où on est tous ensemble et c'est vraiment l'humanité qui s'unit pour jouir ensemble.
JPZ: T'es sûr du mot?
RQ: Oui. Mais de façon non charnelle, tu vois.
JPZ: Non, mais j'aime pas. Choisis mieux tes mots!
RQ: Non, mais quand je dis jouir, c'est pas comme toi au Cap d'Agde en vacances d'été. Désolé, JP a tendance à faire des raccourcis un peu hâtifs! Non, vraiment, il y a cette jouissance commune qui est tellement exceptionnelle...
JPZ: Je parlerais plus d'exaltation.
RQ: Si tu veux! Bon, donc il y a cette exaltation... Non, ça marche pas, je garde jouissance! En tout cas, c'est fantastique!
Vous ne la retrouvez pas dans le cinéma?
RQ: Non, et c'est regrettable. Parce que par exemple, en Inde, quand ils vont voir des films, ils se lèvent, ils parlent, ils rigolent, ils s'interpellent, ils partent manger, parce que les films durent trois heures et demie. Et là, c'est vraiment une communion de fou. Ce n'est pas du tout comme nous qui venons, qui nous asseyons, qui regardons très sagement un film. C'est pas ça! Le cinéma, c'est l'occasion de vivre ensemble. Et moi, j'ai vécu deux séances où j'ai ressenti ce truc, où je me suis dit que le cinéma pouvait faire ça.
Lesquelles?
RQ: La première, c'est Creed II. Bagarre dans la salle! Les gens se filmaient avec l'écran derrière, j'étais choqué! Et la deuxième, c'est Avengers Endgame. Il se lève. La scène finale, quand tous les héros arrivent, c'était la folie, tout le monde se lève et applaudit. C'était à UGC La Défense. Il faut y aller le dimanche soir à 20h, c'est là où il y a tout le monde: les aficionados qui n'y vont pas la semaine et qui se rejoignent le week-end, il y a plus de liberté, plus d'effusion, les gens sont... exaltés! Là, je me suis dit dit: Ok, le cinéma peut faire ça!
JPZ: Y avait Iron Man, tout ça?
RQ: Tous les super-héros arrivent et c'est le grand règlement de compte final, chacun arrive en champion comme une entrée de combattants à l'UFC, tu vois ce que je veux dire? C'est pas nos films où tu arrives, tu éteins une bougie et tu chuchotes à l'oreille de ton frère que tu as pas vu depuis quinze ans, ce qui est aussi une scène exceptionnelle peut-être, mais là, c'est le grand règlement de compte, les incidences vont être planétaires, tu vois?
JP, le foot, ça procure tout ça aussi, non?
JPZ: Ah mais le foot, moi c'est... Je me suis toujours dit que je ne serai jamais accompli à 100% dans ma vie. Pourtant, j'ai des gosses, j'ai fait des trucs et tout, mais je n'aurais jamais un accomplissement total tant que je n'aurais pas foulé la pelouse du Stade de France avec les Bleus, avec Ousmane Dembélé. Le foot, moi, ça m'a tout appris. La discipline, le travail, les échecs, l'humilité. Parce que tu peux t'entraîner toute la semaine, durement, sévèrement, et te prendre 4-0 le week-end.
Ou être sur le banc.
JPZ: Exactement!
RQ: T'as connu ça, toi?
JPZ: Non! Pas beaucoup! Mais je maintiens: On ne peut pas plus apprendre de la vie qu'en allant au foot.
RQ: Ou à n'importe quel sport.
JPZ: Non. Le foot.
RQ: Ca marche pas avec les fléchettes?
JPZ: C'est un sport très respectable, mais je n'en ai pas fait. Non, mais le foot, quoi. Le fait de vivre dans un collectif, de dépendre les uns des autres, le fait de cultiver la fraternité dans la souffrance, dans la douleur.
D'avoir des rôles différents aussi.
JPZ: Oui! Toi, tu es attaquant, moi je suis défenseur. Je connais ma fonction, je suis utile au groupe, je suis content de la même façon si c'est toi qui marque ou si c'est moi. La joie collective, il n'y a aucun égal. Il n'y a que le foot qui peut t'apporter ça.
RQ: Qu'est-ce que tu veux de mieux qu'un but à la dernière minute?
JPZ: C'est fou!
RQ: Carrément, ça t'étourdit. Tu avais cette sensation?
JPZ: Bien sûr!
RQ: Moi, des fois, on me faisait une passe en retrait dans les six mètres, je n'avais plus qu'à marquer, la balle était encore à cinquante centimètres de mon pied. Ma parole, dans ma tête, j'étais étourdi de bonheur! J'étais déjà dans ma célébration alors que je n'avais pas encore marqué le but.
JPZ: Mais tu en as raté des comme ça!
RQ: C'est pour ça que je suis passé d'attaquant à défenseur central, parce que j'étais trop étourdi. Quand j'arrivais face au but, c'est comme si mon cerveau dévissait.
JPZ: C'est un manque d'oxygénation ça.
RQ: Non, c'est carrément... l'exaltation, on y revient!
JPZ: Dans l'éducation de mes enfants, le foot a une place centrale. Des fois, ils me disent qu'ils sont fatigués, qu'ils ne veulent pas aller à l'entraînement. Je leur dis 'Mets tes chaussures, vas-y, entraîne-toi!' Ca leur apprend qu'il faut travailler, travailler et travailler encore pour obtenir un résultat. Et ça m'a aussi appris l'humilité à moi.
Par exemple?
JPZ: Quand il y avait un gars qui ratait un penalty dans mon équipe, j'étais un des gars les plus méchants. J'étais là en mode 'Mais vas-y, t'es nul'. Et donc demi-finale de Coupe de Basse-Normandie, contre Avranches je crois, ou Cherbourg, ou Saint-Lô, bref un truc dans la Manche, demi-finale, série de penaltys. On me dit: 'JP, va tirer'. J'arrive devant le ballon, je glisse.
RQ: Non? Tu tires au-dessus?
JPZ: Je tire au-dessus. Le pied d'appui qui glisse. Dans les vestiaires, ce qu'ils m'ont fait les gars... J'ai pris cher. Il y a une justice, frère. Parce que je malmenais les gens! Je disais 'Vas-y toi, on te donne un penalty, tu rates, je veux même pas te voir, casse-toi'. J'étais très méchant. Et là, demi-finale, à cause de moi on perd. Limite ils voulaient me jeter leurs chaussures! Ils ne pouvaient pas parce qu'ils avaient un peu peur de moi, mais laisse tomber, c'était incroyable.
JP, en tant que supporter du SM Caen, vous êtes faché contre Kylian Mbappé?
RQ: Pourquoi il le serait?
JPZ: Parce que depuis qu'il est là, on a baissé, on est redescendus, on est en National maintenant. Il prend les rênes du club, on descend. Quand tu t'occupes d'un club, il faut être là tous les jours, lui il est à Madrid.
RQ: Il est propriétaire, pas président.
JPZ: Mais faut que tu sois là, frère, faut que tu donnes une direction!
L'attachée de presse: Bon, j'aime bien vos discussions de foot, mais là il faut enchaîner, on a beaucoup d'autres interviews!