«Un rôle qui me tient à cœur»
Kaleigh Quennec est la grande sœur des hockeyeuses suisses

Quatre ans après des Jeux disputés en pleine pandémie, Kaleigh Quennec découvre à Milan la «vraie» expérience olympique. Dans une Suisse rajeunie, la hockeyeuse genevoise est devenue la grande sœur du vestiaire.
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Kaleigh Quennec était déjà présente lors des derniers Jeux olympiques, en Chine.
Photo: keystone-sda.ch
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Voici quatre ans, Kaleigh Quennec avait découvert les Jeux dans un environnement particulier, marqué par les restrictions sanitaires et une atmosphère forcément différente. Elle n'en garde pas un souvenir amer. Mais elle sait qu'elle n'a pas non plus vécu l'expérience olympique complète. «En Chine, c’était déjà un rêve qui devenait réalité, nous précise-t-elle à la veille du premier match de la Suisse en Italie. Mais là, il y a une ambiance différente. Il y a des gens autour, on peut vraiment vivre le rêve olympique. Il y a une petite énergie en plus.»

Les Suissesses vont entamer le tournoi quelques heures avant la cérémonie d'ouverture puisque leur premier match aura lieu vendredi (14h40) face à la République tchèque. «Ensuite, on pourra aller profiter du spectacle», rigole la Genevoise en espérant avoir, elle-même fait le show sur la glace avec son équipe. «On sent qu'on progresse vraiment depuis plusieurs années, précise-t-elle. Même si l'écart est toujours important avec les Canadiennes et les Américaines, on sent aussi qu'il s'amenuise.»

La famille canadienne au rendez-vous

À Milan, elle compte bien profiter de ses deuxièmes Jeux olympiques pour partager l'expérience avec ses proches. La proximité géographique avec la Suisse leur permet de suivre le tournoi de près. Une situation qui renforce l’importance de l’événement pour la défenseure helvétique. «J’ai toute la famille qui vient. Certains arrivent même de Vancouver spécialement pour l'occasion. Le fait que ce soit plus proche de la maison amène encore plus d’excitation.»

À 27 ans, Kaleigh Quennec aborde surtout ces Jeux avec un statut différent. Dans un groupe suisse qui a intégré plusieurs nouvelles joueuses, elle fait désormais partie des cadres. Un rôle qu’elle n’a pas cherché à revendiquer, mais qu’elle assume naturellement. «On a huit filles qui vivent leurs premiers Jeux cette année. J’essaie de prendre ce rôle de grande sœur. Même parfois un peu celui de la maman du groupe avec la capitaine, Lara Stadler (rires).»

Un exemple pour Laure Mériguet

La Genevoise explique que cette responsabilité dépasse largement le cadre sportif. L’expérience olympique peut vite devenir intense, entre la pression médiatique, la découverte du village et le rythme du tournoi. «Quand tu arrives ici, il y a énormément de choses nouvelles. Mon objectif, c’est que tout le monde puisse profiter de l’expérience tout en restant concentré sur le hockey.»

Cette dimension prend encore plus de sens avec la présence de l'autre Romande dans la sélection, la jeune Laure Mériguet, 17 ans. Une relation qui rappelle à Quennec son propre parcours. «Je suis très fière d’elle. Je l’ai vue évoluer en passant par des étapes que j’ai aussi connues à Genève.»

Si son rôle dans le vestiaire a évolué, ses ambitions sportives restent intactes. L’équipe de Suisse sait qu’elle disputera les quarts de finale, mais le discours interne vise à éviter toute projection prématurée. «La réponse facile serait de parler d’une médaille, lance-t-elle au moment de parler des objectifs. Mais on essaie surtout de rester concentrées sur le quotidien, sur chaque match, chaque entraînement.»

Avoir moins de respect

Le groupe helvétique s’appuie sur une stabilité construite ces dernières années. Une continuité qui renforce la cohésion et facilite l’intégration des nouvelles venues. «On a presque le même noyau depuis plusieurs saisons. Ça permet aux nouvelles de s’intégrer plus facilement et de comprendre rapidement notre façon de fonctionner.»

Pour Kaleigh Quennec, cette progression collective s’accompagne aussi d’un changement de mentalité. La Suisse ne se contente plus de participer aux grandes compétitions. «Avant, on avait peut-être trop de respect face aux grandes nations. Aujourd’hui, on garde ce respect, mais on veut gagner.»

Première étape, ce vendredi après-midi contre des Tchèques contre qui les Suissesses seront potentiellement à la lutte pour les médailles.

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